H0 H KO ET JULIETTE. IÎ9 HUHE\CE
Je serai bref : car le peu do souffle qui me reste ne suffirait pas à un récit prnlhe. Iluméo, ici gisant,
la femme fidèle de Romeo. Je les avais maries : le jour do leur mariage secret fut le dernier jour de Tybalt,
nouvel époux. Celait lui, et non Tybalt, que pleurait Juliette, (a c.ii.ui.'U Vous, pour chasser la. douleur qui assiégeait votre fille, vous l'aviez fiancée et vous vouliez la marier de force au comte l'àris. Sur ce, elle est venue à moi , et d'un air eifaré m'a dit de trouver un moyen pour la soustraire à ce second mariage; sinon, elle voulait se tuer, là, dans ma cellule. Alors, sur la foi de mon art, je lui ai remis un narcotique qui a agi, comme je m'y attendais, en lui donnant l'apparence de la mort. Cependant j'ai écrit à Roméo d'arriver, ilts celle nuit fatale, pour aider Juliette à sortir de sa tombe empruntée, au moment où l'effet du breuvage créerait. Mais celui qui était chargé, do' ma lettre, fl ore Jean, a été retenu par un accitlent, et me l'a rapportée hier soir. Alors tout seul, à l'heure fi\ée d'avance pour le réveil de Juliette, je me suis rendu au caveau des Capulet dans l'intention de l'emmener et de la recueillir dans ma cellule jusqu'à ce qu'il me fut possible de prévenir Roméo. Mais quand je suis arrivé, quelques minutes avant le moment de son réveil, j'ai trouvé ici le no-
BHAKSPltARE.
blcî IVu'is et le fiilrlr 1 ï ■- j i r i ■ 3 premaliirénicrit couchés dans le sépulcre. EN ' s'éveille, je la conjure do partir et île supporter ce coup du ciel avec patience... Aussitôt un bruit alarmant me chasse de la tombe; JulielL", désespérée, refuse île me suivre, et c'est sans doute alors qu'elle s'est fait violence à ellemême. Voilà tout ce que je sais, La nourrice était
vie soit sacrifiée, quelques heure, avant son épuisi'ii t, à ia rigueur d'S luis les plus sévères.
LE PBINCG.
.Nous t'avons toujours connu pour un saint homme... Où est le valet de Roméo? qu'a-t-il a dire?
DALTIIAKAJI.
J'ai porte à mon maître la nouvelle de la mort de Juliette; aussitôt il a pris la poste, a quitté llantouo et est venu dans ce cimetière, à ce monument. La, il m'a chargé de remettre de bonne heure à son père la lettre que voici, et, entrant dam le caveau, m'a ordonné sous peine de mort de partir et de le laisser
Donne-moi cette lettre, je veux In voir... Où est
HOHÊO ET JLUKTTË.
le page du comte, celui qui a appelé le guet? Maraud, qu'est-ce que Ion niaîlrc a fait ici?
Il est venu jeter ih's fleurs sur le tombeau de sa liancéc et m'a dit de me tenir à l'écart, ce que j'ai fait. Bien tilt un Lonime avec une lumière est arrivé pour ouvrir la tombe; et. quelques instants après, mon maître a tiré l'épée contre lui ; et c'est alors que j'ai couru appeler le guet.
Cette lettre confirme les paroles du moine... Voilà tout le récit de leurs amours... 11 a appris qu'elle était morte ; aussitôt, écrit-il, il a acheté du poison d'un pauvre apothicaire et sur-le-clianip s'est rendu dans ce caveau pour y mourir et reposer près de Juliette... Oissordiiin autant <iu Ni.) Où sont-ils, ces enuemisï Capulol! Montagne! Voyez par quel fléau lu ciel châtie votre haine : [unir luer vos joies il se sert de l'amour!. .. lit moi, pour avoir fermé les yeux sur vos discordes, j'ai perdu deu\ parents. Mous sommes ii jus punis.
ti Mon tapie, mon frère, doune-moi la mainl (11 •cm ii iiii j a uomiguo.} Voici le douaire de nia. fïllo ; je n'ai rien à te demander de plus.
Mais moi, j'ai à te donner plus encore. Je veux dresser une statue de ta fille en or pur. Tant que
plus honorée que culte de la ]m\dr ci fidèle Juliette.
Je veux que Roméo suit :ttijni-s de sa femme dans la même splendeur : pauvres victimes de nos inimitiés!
Cette matinée apporte avec elle une paix sinistre, le soleil se voile la face de douleur. Partons pour causer encore de ces tristes choses. Il y aura îles graciés et des punis. .Car jamais aventure ne fut plus dauloureu=e que celle de Juliette et de son Roméo.
final tnttnttJ
Telle est celte première grande icuvre dramatique de Sliakspeare.
Invention nulle, puisqu'elle est littéralement ira-
i plac
de li
Style Oii grande partie dépravé par l'afféterie italienne de celte époque, où l'autour fait de l'esprit au lieu de faire éclater le sentiment pur et vrai dans les situations où il place ses personnages. Pathétique refroidi par le faux quinlessencié des expressions. Voilà les défauts de Sliakspeare dans rente pièce.
Mais ceci admis et trop prouvé par les citations
ir lesquelles n s beautés révèlent u mi splendide, un ca
• jeté le v grand gèr:
la jeune
tpj.
délices, ou le citant du malin commandant In séparation ou la mort; cette dispute amoureuse entre les deux amants, pour savoir si ce n'est pas l'alouette matinale au lien du chantre noelunie; Mlle dispute au temps, des minutes suprêmes qu'il va prolonger pour leur félicité on retniudicr à leur amour, invention toute de Sliakspeare et que nul autre que le
poSte ne pouvait créer, vaut toute une tragédie. C'est un poème tout entier, c'est le cœur soudé jusque dans ses mystères, et c'est la nature s'associant au bonheur des amants par la plus joyeuse et la plus mélnnrolique analogie îles nuits d'été sues le ciel des climats me ri d ion ans , et c'est la même note du rossignol, scion qu'il cliante le soir ou nu crépuscule du matin, donnant aux amants le signal de la joie ou l'alïre de la mort. Aussi, r'cut le ivssignol de Roméo, ou c'est l'alouette de Juliette e*t-ïl devenu le proverbe de l'amour inquiet dans tous les pays. La poésie ne va pas plus loin e! l'imagination ne découvre pas de plus divines paraboles en aucune langue.
Remarqitoï ici combien le poète, entièrement livré à lui-même, devient simple et sobre dans ses rx-
Cest le rnmgiinl ou r'etl l'alouette; et puis sur ce cri terrible de Juliette, quand après l'avoir nié, elle est forcée de reconnaître l'alouette : C'eut l'nlovclle , mon amour tame-loil
Cour entendre un pareil dialogue dans une pièce, on passerait sur un océau de lOiueiii et de Ironies déclamations. La force de la situation entraîne tout ;
flamme tout. Shatspeare écrit avrv des étincelles le dénoùment funèbre dans le tombeau des Capulet.
Cette double erreur si bien amenée et découverte après coup: ce poison bu par Roméo pour ne pas
cemment coupable qui arrive trop lard pour prévenir ce double suicide, comme la fatalité toujours en retard d'une minute sur le bonheur humain ; tout cola Tait que si la pièce do Bornéo et Juliette n'est pas bien inventée, puisqu'elle est inventée par le roman, elle est admirablement r-liuisie par Sltakspeare pour passionnel' un auditoire et pour exprimer la première des passions hiuorenles de l'humanité :
vice pour contraster avec les deux jeunes amants. Ils se suffisent à eux-mêmes et ils suffisent au spectateur. Tout est innocent , tout est bon autour d'eux, excepté la fatalité aveugle el sourde qui leur tend un pïége et qui les y pousse. Le père, la mère, les amis, le moine, le prétendant lui-même, l'àiïs. tout conspire à les aimer et à les servir, et cependant ils s'aiment, ils s'unissent et ils meurent!... La fatalité les adiré, les sépare et les réunit dans le sanglant hymen du tombeau. Lue touchante pitié pour ces
spectateur emporte de ce beau drame : une larme sans amertume route de loua les yem. C'e-l la ira-
SIIAkSl'KAIIK.
gëdie de riiinoL'oiice ; t'est la tragédie du la nature.; mais et: n'est pas la tragédie du l'ai l. Voltaire a dît brutalement de Shakspeare : un mucage tore; non , mais mi homme de génie inculte et naïf qui ressemble aussi peu, dans l'ordonnance châtiée de sus pièces, à Eschyle, à Euripide, à Corneille, à Racine, à Voltaire lui-même, que le Parthcnon d'Athènes ressemble a la foréi \ ierge dis bonis du Mississipl! Cependant le Parthcnon est de marbre; on l'admire, mais il ne vit pas ; aucune sève ne circule dans les veines de pierre de ses statues , et la forfit vierge végète et vit d'une vie qui déborde et se renouvelle dans tous les siùcles ! C'est le caractère de Shakspeare; i! est plein du défauts, mais il ust plein de passion ; il vit ut il vivra d'une vie éternelle.
Voyons son principal chef-d'œuvre et rendonsnous raison ainsi de l' enthousiasme que ce pauvre gardien de chevaux à la porte du théâtre inspire à la nation la plus cultivée de l'univers.
HAMLET
HAMLET
VuH comment M. François- Victor Hugo, (ils du grand poète, nous donne lu premier récit de la tragique aventure d'où sorti! Hainlet.
On sait que Shakspeare, qui n'avait alors que vingt et un ans, vivait dira soi: pire, à Slratlbnl-sur- Avon , avec sa femme , un peu plus âgée que lui, et les petits enfants qui lui étaient nés.
Lisez d'abord ceci ; voici le tableau :
" On ne saura jamais tout ce qu'il y eut de douloureux dans ces premières luttes du génie avec la nécessité, et que d'amerlmnc celle grande âme y puisa. Je me figure que le jeune homme dut cruellement soulïrir de ces privations intellectuelles que la
pauvreté lui imposait. Quand I'' colporteur nouvellement venu de Londres à Stralford passait devant l'humble maison de Heuley Street, quel crève-couir rie lu laisser aller sans lui rien acheter ! m'en souvent Will a dû le voir tourner le coin de la rue en soupirant. C'est alors qu'il aurait voulu être riche et qu'il enviait cet imbécile île chevalier Luc; qui s' ennuyait si magnifiquement dans snii château. Mais Will, si gène qu'il fût, n'était pas homme à résister indéfiniment à la tentation. La veille de Noël , par exemple, à l'approche de cette fête joyeuse qui est le jour de l'an des Anglais, le colporteur ne manquait pas de faire sa tournée dans la ville et de passer devant la demeure du jeune porte. Alors Will n'y tenait plus, il faisait une folie, il ouvrait la porte et appelai! le colporteur. Celui-ci entrait, défaisait sa halle, et élalait sues les yem avides de Sliakspraiv imites ces richesses importées de la grande ville, liais ce qui attirait l'attention de Will, ce n'étaient pas ces verroteries , ces bijoux faux , ces dentelles , ces soieries , ces brimborions, ces fanfreluches; c'était ce petit bouquin relié en parchemin el doré sur tranche, relégué négligemment au coin de la boite. Will prenait le volume, le feuilletait, et, si sa curiosité était piquée, demandait le prix au marchand. Puis, quoique le prix fût toujours bien élevé, il se disait qu'on était à Noël, qu'il fallait faire un cadeau à sa femme
.i - [■. A .nj.iiir r.ri i-iii n . - |i,r
qu'un ruban. Alors il se décidait, fouillait sa poche.
IIAIII.KT.
en tirait une pièce d'argent, la remettait au colporteur, et remontai l triomphalement avec son em-
« L'apparition d'un livre nouveau devait faire événement dans la maison de Sbakspeare, au milieu de celle monotone existence île province, où les émotions sont si rares. La lecture en était annoncée d'avance : elle devait se faire le soir, en famille, car, le jour, tout le monde était occupé el Will aidait au service de lu boutique. Le soir, donc, toute la famille se réunissait dans la même salle, devant la même bûche, à la lueur de la même chandelle, car il fallait économiser. Tuus les sièges étaient mis en réquisition et placés le plus prés possible de l'âtre, car l'hiver était rude et il faisait déjà grand froid. Les voyez-vous d'ici, tous les membres de l'auguste famille, rangés en cercle autour de ce triste feu? K droite de la cheminée, cet homme aux cheveux grisonnants, qui est assis sur cette chaise haute, c'est le père de William, maître Jean Sbakspeare, boucher, corroyeur, gantier et marchand de laine de son état, jadis élu par ses concitoyens bailli de la bonne ville de Slrutfunl. lin face du lui, à gauche de la cheminée, sur ee fauteuil unique dans la maison, cette matrone "i^p'-rtaiilt 1 qui tricote, c'est la im'/re de William, mistress Sliatspeare, qui de son nom de fille s'appelle Marie Arden et qui descend d'un valet du roi Henri VII , s'il vous plait. A coté d'elle, sur cette chaise basse , cette jeune femme qui allaite
SIIAKSPEARE.
un enfant, c'est lu femme même (le William, demoiselle lime Hathaway, fille d'un fermier de Sholtery, humble village dus environs. Près d'elle, sur ce tabouret, ce tout jeune homme an front élevé, au nez aquîlin, a l'œil èdiïcolant, c'est lui! lui, l'auteur encore inconnu à'Olhdlù et de Macbetki lui, le futur prince dos poêles, William Shakspeare! Knlin, sur ce Line qui touche la chaise rtu père, cet adolescent do dix-sept ans, c'est Gilbert, frère puîné de
une petite sœur et deux petits frères. Où est Jeanne? .iù est Richard? où est Edmond! où se sont-ils fourrés ces enfants? Eli bien! regardez avec attention, vous les trouverez sous la cheminée même, blottis dans les deux niches pratiquées à droite et à gauche du foyer.
n Ainsi ia réunion est au complet, la porto est bien fermée, la fenêtre bien cluse. Rien n'empêche que la lecture commence. Cette lecture doit être faite à haute voix, et c'est Gilbert qui s'en charge, car Gilbert a un grand goût pour la déclamation et une grande envie d'être comédien, fin recommande aux petits d'être sages et de ne pas faire de bruit, Gil-
Parmi ces histoires, écrites toutes par le fameux chroniqueur Relteforest, Gilbert n'a qu'à choisir. 11 ..livre le volume au hasard, et lit avec un accent solennel. »
inla sa lille (ierulfie pour femme ;'i lonl Iteivill, qui
cnait de combattre railiomment pour lui en Jutland. engor, frère d'fiordrevenill , jaloux du bonbeur I de la gloire de son frère, l'assassina au milieu 'un banquet. 11 épousa la veuve Gërutlie. Gc-rutbe
plaindre en le méprisant. Depuis Brutus, c'est la
ii venger et qui couvent un grand dessein sous une incapacité feinte. Fengor lui fit présenter Ophâlie, qui aimait dès la plus tendre enfance Hamlet; mais Hamlet eut l'air de la dédaigner. Celui froideur convainquit Fengor qu'IIamlcl ét;iit repliement privé de sens. Cependant il voulut l'éprouver mieux encore ; il fit enfermer liamlel avec Céruthe, sa mère , pendant un voyage simulé , et caclier un espion dans la chambre, ne doutant pas que la solitude n'engageât le jeune homme à se Irnlùr en avouant ii sa
se préparait à venger le meurtre sur le meurtrier. Mais Hamlet continua à battre des ailes comme un poulet, et fondant tout à coup sur l'espion, comme dans un mouvement convulsif, il l' égorgea, et le roulant hors de la chambre par un conduit secret
qui c un il ni sail dans les hasses-rmns , il le donna a dévorer aux porcs du palais. Il dévoile ensuite son intelligence dans de justes reproches à sa mère.
Celle-ci s'excuse !
nir s;i faiblesse et sur
la cotr
de lacour.qni ont
etconji
01s do continuer ;
i feindre.
Feugor, reveni
e de i
retrouver son espion dont la mort lui parait équivoque. Il éloigne llamlct en l'envoyant en Angleterre, et comme: il se ri ''jouissait avec sa noblesse de la mort de son beau-lils. faussrmrnt répandue eu Danemark, llamlct, époux de la princesse d'Angle-
terre, et chargé de trésors, dot
de son épouse.
arrive inopinément an palais, trot
tve les complices
de Feugor, ilans l'ivresse de la letc
, endormis sur le
plancher, décloue la tapisserie de ;
a salle du festin ,
la fait tomber sur les convives a:
vin , 1rs cm rioppe et 1rs rloill' vil
ceul, puis les perce de son épée et met le feu à la salle. Il marche ensuite a !a chambre royale où le tyran reposait sur son lit; il lui adresse les reproches les plus terribles sur son crime avant de le frapper. Le tyran s' élance légèrement de sa couche pour tuer llamlct, il porte la main à son épée suspendue au chevet du lit, mais la reine (iérullie a noué la garde du glaive au fourreau , et le tyran tombe sous les
Va, « lut dit-il, « aux enfers, et raconte à
HA KL ET. • 143 Ilavdenwill , mon père, que c'est son fils qui te fait mourir pour le venger 1 »
11 dépouille ensuite sa folie simulée , et règne en grand roi sage et prudent sur le Nord. Curutlie survit dans le palais entre les ombres de ses deux maris assassinés, l'un par !e crime, l'autre par la piété
Voilà le germe A'ffamlet trouvé par Sbakspeare dans une légende française , comme celui de Jtomén et Juliette dans un roman italien.
Shakspeare avoue qu'a vingt et un ans, âge qu'il avait quand parut cette aveuture en Angleterre, ce fut l'extrême misère qui l'induisit à écrire. Le génie lui-même a besoin de ce sanglant aiguillon ; la gloire est fille du besoin.
Le succès fut grand, niais pas assez pour donner ;m jcuiii' poiiti; l'ai.-aiHT . lu ]:l)i;i".t', U: hi-ir ai':i; sa famille. Il continua à jouer médiocrement des rôles comiques sur le lliéàire do Londres, au milieu des désordres d'une vie inquiète. Quelques années après, il refit Hamlet avec plus de maturité et moins de succès. Le premier Hnmlct fit la fortune de son
110 " SHAKSPEAIIE.
auteur, et, selon l'expression de H. François -Victor Hugo, fonda le théâtre anglais, comme le Cid de Corneille fonda le théâtre français.
Mais laissons ces rniniiténiimiH accessoires, et rendons-nous compte rie la pièce de théâtre, le manuscrit à la main. Et cependant, avant, un mot dit grand poète allemand Goïthe sur Hamlet. On voit dans ce mot combien (»etlie, supérieur en poésie à Shakspeare, égal en force d rat lui tique , supérieur en philosophie théâtrale, avait été fortement frappé de l'économie de la pièce de son modèle.
« Plus j'avançai,' dit Gœthe, « dans l'étude à' Hamlet, plus il me devint difficile de me former une idée de l'ensemble. Je me perdis dans les sentiers détournés et j'errai longtemps en vain. A la fin , cependant, je conçus l'idée d'atteindre mon but par une route entièrement nouvelle.
■i Je me mis à rechercher toutes les traces du caractère d' Hamlet, pour le voir tel qu'il était avant la mort de son père. Je tâchai de distinguer ce qui vêlait indépendant de ce douloureux événement, indépendant des douloureux événements qui suivirent, et de deviner ce que le jeune homme eut été très-proliahlement si rien de pareil n'avait eu lieu.
« Tendre et d'une noble tige, celte royale fleur
l'idée de la rectitude morale jointe a l'idée de sou élévation princière , le sentiment du bien ennobli par