‹ Shakspeare et son uvreChapitre 23 sur 77 · H AS] L ET · texte numérisé non relu

H AS] L ET

Je vous le dirai, mais d'abord prenons bien nos précautions.

LA REINE

Hamlet, tu as gravement offensé ton pÈre.

MÉre, vous avez gravement offensé mon père.

Comment, enfant?

HAMLET

Comment, mère? Venez ici, asseyez-vous, car vous m'entendrez parler,

LA HEINE

Que veux-tu faire? veux-tu pas m' assasxi uer? Au secours, holà!

HAMLF.T.

Au secours!

i Ah] un rat! (11 r.. PP . <t.» l= upn.no « tu. connbb.) lu ducat qu'il est mortl Impudent! indiscret imbécile! adieu ! je t'ai pris pour un plus grand que toi.

LA BEISE.

Hamlet! qu'as-tu fait?

Quelque chose de moins coupable, bonne merc, que de tuer un roi et d'épouser son frère.

Comment! de tuer un roi?

Oui, un roi. Çà, asseyez-vous, et avant que vous partiez, si vous n'êtes pas faite d'étoffe impénétrable, je vous ferai regarder dans votre coiur et voir comme il est noir et horrible.

LA REINE

Hamlet! que veux-tu dire par ces mots meurtriers?

Bh bien ! je reui ilire ceci, Tenez, examinez celle peinture : c'esi le portrait de votre défunt mari, Vi>yez celle face, qui effiice celle même tin Mars, cet œil qui faisait trembler l'ennemi, ce front où soni inscrites mules les vertus propres à onier un roi et .-■ dorer une couronne. En lui le dévouement marchai la main dans la inuîn avec la fui conjugale! Et il es! mort! assassiné, odieusement assassiné. C'éUiit voire

iln viol, nn regard baissé el funèbre ; des yeux de démon, laits pour effrayer b\s cnftmts et élrmnci' le ' monde 1 et vous avez quitté celui-là pour prendre celui-ci. Quel diable vous a ainsi attrapée a colinmaillard? Abl vous avez des yeux, el vous pouvex regarder celui qui a tué mon père, votre cher mari, et vivre dans les plaisirs incestueux de son lit!

0 Hamlct! ne parle pins!

Oessc, mon doux Hamletl

El lotil cela pour mener une vie continuelle du prcltO, pour suer soin le joui; de l'infamie, pour avoir 1111e postinîtû de honte et sceller la damnation.

ca'ur de vier;:<' l'ardeur du silijï, lorsque la li remplit ainsi le sein d'une matrone?

Hamlct. tu me brises le creur en dciiv.

Oh! 'rejetez-en la mauvaise moitié, et gardez ia

linniîe. [Entre 1. IPCCIH dan. n rabe do nniU SailVPZ-llKli !

sauvi'ï-moi, vous, Rcurirti.-cH puissances de là-haut, et couvrez-moi de vos ailes célestes ! Ne vetiei-vous pas gronder votre fils tardif d'avoir différé si longtemps la vengeance? Oh! ne m' éclairez pas de ces regards douloureux, de peur que mon cirur de pierre ne cède à la compassion et que Imites les parties de mon être qui doivent aider à la vengeance ne perdent leur force et ne Miicumheut à la pitié.

Hamlet ! Je t'appâtais encore une fois pour te rappeler ma mort. Ne diffère pas, n'attends pas plus longtemps. Mais j'aperçois que tes regards effarés épouvantent ta mire, et qu'elle reste interdite. Parle-lui, Hamlet, car elle est d'un sexe faible; cousuie ta mère, ll.-uulrt, pense à moi.

Qu'avcx-vous, madame!

Non, qu'avez-? ous vous-même? Pourquoi vos yeux sont-ils fisés dans le vide, et écliangez-vous des paroles avec ce qui n'est que de l'airî

UAULET.

Comment! vous n'en tende?, rien? *

Non.

lit vous ne voyez rien?

la «

Non plus.

BAMLET. 1W

\onï tenez, regardez le rai mon père, mon père, velu coinine de son vivant. Regardez comme il esl pâle ! Tenez '. le voilà qui glisse liors du portail ! regardez, il s'en va. |li ipeetn wm.i

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