‹ Shakspeare, ses œuvres et ses critiquesChapitre 130 sur 139 · Coleridge’» Lectures ou Shakspeare · texte numérisé non relu

Coleridge’» Lectures ou Shakspeare

ï. Lamb’s Essaya ou lhe tragédies of Shakspeare.

3. Hazlitt’s Lectures on the dramalic litcrature of lhe âge of Elizabeth.

qu à dire que cette pièce ressemble moins à un drame qu’à un roman Aux yeux de Tieck et de Schlegel , cette réserve et d’autres encore , que suggérait à Gœthe son goût croissant pour l’art antique , paraissaient une impiété. Leur école a élevé Shakspeare au rang d’une divinité, où le maintient, depuis cinquante ans, toute la critique germanique , quoique des symptômes de réaction commencent déjà à se manifester dans le récent ouvrage de M. Kreyssig. Cependant , excepté cette affirmation : « Shakspeare est dieu, » je ne vois que contradictions parmi les opinions des prêtres du nouveau culte.

Les uns, comme les hégéliens , et notamment comme M. Rosencranz et M. Visher ’, appliquent à ses œuvres leslois de la science du beau, telle qu’ils la conçoivent, y cherchent la démonstration artistique du panthéisme et la poursuiveut à travers le mythe d’Hamlet qui leur paraît l’expression la plus vraie de la pensée du poète. D’autres, au contraire, comme M. Ulrici5, remarquent ses tendances spiritualistes et morales qu’ils érigent en système raisonné , et ramènent à de pures conceptions philosophiques les plus poétiques et les plus vivants de ses drames, tandis que le groupe des esprits politiques, à la tête desquels est M. Gervinus \ le croit occupé de donner des leçons de conduite à la race teutonique, combat les conclusions qu’on a tirées du rôle mélancolique d’Hamlet qui ne peut servir ^qu'à amollir les âmes, et oppose à ce prétendu modèle l’actif et énergique Henri V dans lequel il personnifie Shakspeare. Le défaut commun

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