‹ Shelley, sa vie & ses œuvresChapitre 10 sur 110 · Dédicace, st. V · texte numérisé non relu

Dédicace, st. V

au point de vue de la culture scientifique ; son génie intuitif et divinateur apercevait le champ immense qui s'ouvrait devant les découvertes de la science positive, héritière non jalouse des secrets de l'alchimie; il s'intéressait surtout aux résultats qui devaient en découler pour l'amélioration du bien être de l'humanité. C'est ainsi que nous le verrons plus tard se passionner pour l'entreprise d'un bateau à vapeur qu'il eût été heureux de lancer le premier sur la Méditerranée. Si Shelley s'est ordinairement, dans le cours de ses études, trouvé en opposition plus ou moins déclarée avec les tendances et les enseignements de ses maîtres, c'est qu'en réalité ces tendances et ces enseignements lui semblaient étroits, rétrogrades, ennemis de toute initiative féconde et de tout progrès véritable. Son seul péché était de s'être fait un idéal moral trop élevé, trop sublime, et d'avoir voulu, envers et contre tous, y conformer sa conduite et sa vie. Il ressemblait en cela à Milton, qui lui aussi s'était insurgé contre la discipUne de Cambridge, et s'était refusé à subir un joug intolérable pour son cœur:

Nec durj libet usque minas perferre magistri, Cseteraque ingenio non subeunda meo.

Du reste aucune diatribe des ennemis de Shelley ne tient debout devant les témoignages formels qu'ont rendus de lui plusieurs de ses condisciples, et en particulier W. G. Halliday, dans la lettre que nous allons citer, comme le portrait le plus fidèle que nous ayons de l'étudiant d'Eton K

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