LE SOLITAIRE
Oses-tu, parmi la foule, vivre seul, une chose isolée ? Voir les êtres affairés s'agiter autour de toi, et ne te soucier d'aucun? dans ta calme solitude, une fleur qui à peine respire dans le rude désert vers l'aile du Zéphyr qui passe.
Non, le sombre Paria dans quelque bocage indien, sohtaire, amaigri, pourchassé par la haine de son frère, n'a pas bu si profondément la coupe de l'amer destin, que ce pauvre malheureux qui ne peut, qui ne peut aimer ; il porte un fardeau que rien ne peut alléger, un poids qui consume et qui tue.
Il sourit : — c'est la plus terrible moquerie du chagrin. Il parle : — les mots glacés ne coulent pas de son âme ; il agit comme les autres, il épuise ta coupe du génie : — et cependant, il aspire, tout en le redoutant, à mourir ; il brûle d'atteindre ce qu'il semljle fuir, le terme extrèaie d'une stupide vie.