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SHELLEY A OXFORD NÉCESSITÉ DE L'ATHÉISME

« Oxford, dit Leigh Hunt, ne reconnut pas toujours les faveurs des Dieux : Oxford répudia Locke, s'aliéna Gibbon, expulsa Shelley ! »

Et cependant, à l'époque où Shelley entra dans l'université elle se disait libérale!

Oxford retentissait encore des accents éloquents de Gopleston, professeur de poésie, le hardi champion de l'université contre les attaques des reviewers d'Edinburgh, qui l'accusaient, non sans raison, de représenter dans son système d'éducation, la routine monacale et le moyen âge.

Mais nous aurions tort de nous plaindre de l'intolérance dont Oxford fit preuve à l'égard de Shelley ; on peut dire de sa faute ce que saint Augustin disait du péché originel : h Félix culpa! » sans elle

peut-être n'aurions-nous ni Lao7i et Cythna, ni le Prométhée délivré !

« Au commencement du terme de saint Michel à la fin d'octobre 1810 \ raconte Hogg, j'eus le bonheur d'être assis à dîner à côté d'un nouveau venu; c'était sa première apparition dans la salle. Sa figure était mince et effilée, et tout son aspect remarquablement juvénile, même à notre table, qui était celle des jeunes. 11 semblait songeur et absorbé par sa pensée. »

Thomas Jefferson Hogg, le condisciple de Shelley à Oxford, son compagnon d'expulsion, son ami inséparable et son biographe, a été trop intimement mêlé à la vie de Shelley, pour que nous n'essayions pas d'esquisser cette figure originale. On nous le peint généralement comme le Méphistophélès d'un autre Faust, une espèce de démon incarné jouant avec le jeune poète comme le chat avec la souris. 11 y a quelque exagération dans ce rôle attribué à Hogg; pour réduire son influence sur Shelley à sa juste valeur, il suffit de se rappeler que celui-ci, en sortant d'Eton, avait déjà sur toutes les grandes questions philosophiques et religieuses des idées parfaitement arrêtées, et s'était tracé une ligne de conduite morale dont rien ne pouvait le faire dévier désormais.

Que Hogg et Shelley aient été attirés l'un vers l'autre par la force même des contrastes profonds

1. Shelley avait été immatriculé sur les regisli'esd'University Collège le 10 avril 1810, puis il était retourné à Éton, où il était resté jusqu'à la fin de juillet.

qui semblaient devoir les séparer, rien de plus naturel ; mais d'un autre côté il y avait entre l'homme du monde, le Tory sceptique et le républicain, l'idéaliste convaincu, des points de contact assez nombreux, assez étroits pour justifier leur mutuelle sympathie et leur estime réciproque. Sans parler des qualités morales qui leur étaient communes, la passion du savoir, un goût prononcé pour les recherches philosophiques et les études littéraires , une vive démangeaison d'écrire et d'être imprimés suffisaient pour lier deux jeunes gens que séparaient du commun des étudiants la maturité de leur esprit, le sérieux et la pureté de leurs mœurs. Hogg n'était point encore à cette époque d'Oxford l'homme positif et blasé que nous a peint Trelawny dans ses Souvenirs, méprisant la poésie, l'imagination, ne reconnaissant d'autre science digne d'étude que celle des Institutes et du Code. Dans les premières années de sa liaison avec le poète, Hogg était un adepte fervent des études purement littéraires, et se sentait autant de passion pour Platon et les tragiques grecs que pour Blackstone ou Coke. Gomme l'a fort bien prouvé M. Dowden ^ il y avait alors en lui des tendances romantiques beaucoup plus prononcées que ne le laisserait supposer sa Biographie de Shelley.

Il écrivait des vers et composait des romans. Nous le voyons à Oxford concourir pour le prix de poésie sur ce sujet le Gladiateur mourant, puis écrire en

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