Contemporary Review, sept
SnELLEY A OXFORD fl
commun avec Shelley une Leonora , une fiction if^ondée sur un récit pathétique tiré de la vie réelle, et en grande partie imprimée, quand leur expulsion d'Oxford alarma l'imprimeur et interrompit la publication. Nous le verrons en 1813 publier un roman philosophique fort admiré de Shelley, qui y reconnaissait les plus hautes qualités d'un nouvelliste et d'un poète.
M. Rossetti nous semble avoir parfaitement caractérisé Hogg et son livre.
Ce gentilhomme, dit-il, appartenait aune famille de nobles tories S vivant à Norton, près de Stoclvton-on-Tees, et se destinait à la carrière de la jurisprudence. Son livre sur Shelley nous révèle en lui le caractère d'un robuste bon-vivant, d'un homme de société, professant un souverain mépris pour les badauds et lourdaux de tout espèce, d'un tour d'esprit généralement sardonique et cynique,
1. Hogg, avec sa désinvolture ordinaire poussée quelquefois jusqu'au cynisme, parle ainsi de sa propre famille au sujet de ses opinions religieuses et politiques : « Quant à ma propre famille et à ma parenté immédiate, nous étions tous des personnes dont le pi'emier toa%t après dîner était irrévocablement celui-ci : « Église et État! » chauds partisans de William Pitt, de la Haute-Église et du Haut parti Tory : par conséquent nous étions tout autre chose qu'intolérants, au-dessus du soupçon et des mots d'ordre. Mes parents sentaient qu'ils étaient suffisamment en fonds, qu'ils avaient abondamment d'eau à courir (sea-room) ; et, quoi qu'on pût dire ou faire, leurs bons principes ne pouvaient pas être mis en doute. Si VAge de raison (de Paine) avait été republié par moi ou quelqu'un de mes premiers amis, le monde aurait supposé que ce n'était que pour montrer la futilité, l'impuissance et la vanité des arguments de l'auteur. » Ces lignes donnent une triste idée de la sincérité et du sérieux des convictions religieuses et politiques des Tories d'alors.
l'antipode de tout enthousiasme et de tout idéalisme révolutionnaire, tempéré toutefois par un profond respect pour les formes et les monuments de Tintelligence consacrés par l'expérience. Qu'un esprit de cette trempe ait pu accepter Shelley comme une belle âme et un génie céleste, et ressentir pour lui un si vif enthousiasme, que ni les divergences d'opinion, ni une longue séparation n'aient pu l'altérer, c'est un témoimage frappant de la puissance de fascination interectuelle et personnelle qu'exerçait le poète... L'arôme particulier que donnant à son livre sa connaissance du sujet et son atrection personnelle, la saveur mordante d'un conteur qui se complaît à toutes les saillies d'originalité qu'il exagère encore en les racontant, donnent un charme p irticulier à ces réminiscences d'Oxfor'l, et en dépit de ses nombreuses taches et travers, à cette partie tout entière de la Vie de Shelhy, dont ses admirateurs regrettent l'interruption, comme une véritable perte.
Pour notre part, nous ne pouvons que nous associer au regret de M. Rossetti; nous avons savouré, en lisant Hogg, ce parfum àluwiour tout particulier dont il parle, et nous, regrettons que les bornes de cette étude ne nous permettent pas de lui céder plus souvent la parole. Xous avons compris quel attrait devait avoir pour Shelley cet esprit si distingué et si original, dédaigneux et exclusif, cette âme fortement trempée et d'une patience de diamant, comme dit Peacock, ce sceptique si discret et si mordant tout a la fois, ce scholar délicat, dont notre poète a tracé lui-même ce si fin et si malin portrait dans sa lettre à Mary Gisborne *.
« Vous verrez Hogg; je ne saurais exprimer ses