T. III, p
une idée des angoisses et de la douleur que ressentirent Mary et Shelley de cet événement, transcrire le journal dont M. Dowden a extrait des fragments du 22 février au 20 mars. Alors que toute l'Europe est sous le coup du retour de Napoléon en France, c'est à peine si dans ce journal on en entend un faible écho : « l^' mars : Bonaparte envahit la France. » Toute l'attention, toute l'âme est absorbée par ce berceau qui va être bientôt vide. La lecture seule, et quelques entretiens avec Hogg et Peacock font diversion à cette grande douleur. Dans les jours qui suivent la disparition du baby, le journal n'est plein que de cette mélopée funèbre : « Toujours pensé à mon petit baby mort. « Le 19 mars, Mary écrit : « Rêvé que mon petit baby est revenu à la vie, qu'il s'était seulement refroidi, que nous l'avions frictionné devant le feu, et qu'il vivait. — Réveillée sans trouver d'enfant. Toute la journée pensé à ce pauvre petit être. Beaucoup de faiblesse. Shelley se trouve fort mal. » Que ces émotions de Mary aient été partagées par Shelley, nous ne saurions en douter, et nous en avons une irréfragable preuve. On n'a qu'à lire, pour s'en convaincre, dans LaonetCylhna, l'émouvant épisode, où il a si admirablement poétisé cette naissance, cette mort et ce rêve de Mary ^ On ne peut rendre aussi pathétiquement ces émotions, sans les avoir ressenties soi-même.
Quelle que fût la parfaite union d'esprit et de cœur qui régnait entre Shelley et Mary, il y eut ce-