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ami à partir de ce moment ne varia guère ; il ne cessa d'admirer son génie, qu'il appelle un génie « consommé, capable, s'il voulait diriger ses énergies vers une telle fin, de devenir le rédempteur de son pays dégradé ; » il n'y a pas à ses yeux dans la j vie sociale d'homme plus patient, plus aimable, plus dénué de prétention ; c'est un compagnon de bonne humeur, franc et spirituel ; mais ce qui dépare ces qualités, ce qui fait sa faiblesse, c'est cet orgueil, qui par suite de la comparaison de ses facultés extraordinaires avec les petites intelligences qui l'entourent lui fait concevoir une intense idée du néant de la vie, et produit cette concentration et cette impatience de sentiment qui le consume et dégénère en scepticisme. Il ne lui pardonnait pas les immoralités de sa conduite, et essaya plus d'une fois de le tirer du bourbier; ses relations avec lui en Suisse eurent sur l'esprit de Byron la plus profonde et la plus heureuse influence. Les idées de celui-ci s'élargirent et s'élevèrent au contact de son contemplatif ami ; et il faut être aveugle pour ne pas apercevoir les traces de la pensée de Shelley dans le troisième chant de Childe-Harold et les notes qui l'accompagnent. Tom Moore * déplore cette influence en la constatant: « les conversations des deux amis roulaient sur la philosophie et sur la poésie, et les opinions de Shelley n'étaient pas sans influence sur l'âme de lord Byron si agile à recevoir toute impression nouvelle. Çà et là dans les beaux élans de passion du troisième