‹ Shelley, sa vie & ses œuvresChapitre 72 sur 110 · Voir l'admirable fragment de Marenghi, vol. III, p · texte numérisé non relu

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3. Shelley se souviendra des beaux bœufs blancs comme du lait de la plaine de Ferrai-e dans son drame satirique d'ŒcUpe tyran, où il met en scèae la royale Pasiphaë anglaise, vol. 111.

Ferrare, à l'époque où la vit Shelley, n'était plus l'aventureuse cité de l'Arioste, la grande [dame du Pô de Tassoni ; « où sont allées les dames, les cavaliers, les armures, les amours, les courtoisies, les aventures ^? » Triste et déserte, Ferrare avait cependant conservé un air de grandeur, de magnificence et de féerie, qui rappelait ses poétiques souvenirs. Shelley y visite la cathédrale, d'où le chasse l'importunité des mendiants, sans lui laisser le temps de découvrir si la fresque du Jugement dernier, conservée dans cette basilique, est une copie ou un original de Michel-Ange ^ ; la fameuse bibliothèque publique, contenant 160,000 volumes, si riche en manuscrits et en miniatures, « dont les couleurs sont aussi fraîches que si elles dataient d'hier. » Le grand [attrait de Ferrare pour le poète, ce sont les souvenirs de ses frères en poésie, l'Arioste et le Tasse. 11 s'arrête dans une contemplation émue devant la tombe de l'Arioste qui occupe le fond d'une des sallesde la bibliothèque, surmontée d'un buste expressif du poète, devant sa chaire à bras, un meuble grossier en bois de noyer, où il se figure l'Arioste encore assis, le manuscrit des satires ouvert tout auprès et son vieil encrier de bronze aidant à l'illusion. Mais rien ne l'intéresse comme les manuscrits autographes des deux poètes : les satires de l'Arioste et un manuscrit de la Jérusalem délivrée, et de quelques sonnets du Tasse à son persécuteur. Son esprit, toujours en quête de quelque manifestation au delà de

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