‹ Shelley, sa vie & ses œuvresChapitre 75 sur 110 · Voir vol. III, p · texte numérisé non relu

Voir vol. III, p

Guerchin ; « la violence et la complication de ses figures lui font tourner la tête. »

Un élève remarquable du Guide, le Bolonais Franceschini ^ attire particulièrement son attention ; il en admire les œuvres qui couvrent une église tout entière, l'église de Sainte Catherine. « Sa couleur est moins chaude que celle du Guide; mais il ne se peut rien de plus limpide et de plus délicat; on dirait qu'il a trempé son pinceau dans les couleurs de quelque crépuscule serein et resplendissant d'étoiles. Les formes ont la même délicatesse et la même beauté aérienne; leurs yeux étincellent d'innocence et d'amour ; leurs lèvres sont à peine entr'ouvertes par quelque suave et douce émotion. Les enfants ailés sont les plus belles créatures idéales sorties dé l'esprit humain. Ces enfants, à titre de Chérubins ou deCupidons, sont généralement des accessoires pour le reste du tableau; mais il y a dans leurs jeux enfantins et gracieux quelque chose qui approche du pathétique, à cause de l'excès de leur simple beauté. Un de ses meilleurs tableaux est une Annonciation de la Vierge ; l'ange rayonne de beauté ! la Vierge est douce, modeste et simple. »

Mais rien, au milieu de tous ces chefs-d'œuvre, ne ravit et n'enthousiasme Shelley, comme la Sainte- Cécile de Raphaël :

On oublie, dit-il, qu'on a une peinture sous les yeux; et cependant elle ne ressemble en rien aux choses que nous appelons réalités. C'est quelque chose d'inspiré et d'idéal,

Page 1