‹ Si, étude sociale d'après demainChapitre 11 sur 22 · RÉPUBLIQUE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

Au nom du Peuple :

Par délégation des comités socialistes-révolutionnaires et des syndicats ouvriers de France.

Le Conseil.

Dispose :

Art. 1er. — La Constitution de / <S 7 ."> est abolie.

La Présidence de la République, le Scuat, ia Chambre des députés, le conseil d'Etat et jes conseils généraux, sont supprimés.

Art. 2. — La gestion des affaires nationales et l'organisation du la production et de la consommation sont confiées à un a, usai! national de statistique, composé de .14 membres, comme il sera dit au règlement n° 1.

Art. 3. — Le conseil est chargé de l'exécution des décisions du conseil national de statistique.

Art. 4. — Tout sénateur, député, conseiller d'Etat qui tenterait de provoquer une réunion de ses anciens collègues

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sera, sur la seule constatation de son identité, passé parles armes.

Art. 5. — Tous les minisires sont révoqués.

Art. G. — En attendant l'installation du Conseil national de statistique, le fonctionnement technique de chaque ministère sera assuré par les chefs de service.

Art. 7. — Le délégué à la force publique est chargé de l'exécution du présent règlement d'ordre national.

Le Conseil.

— Y a-t-il eu beaucoup d'exécutions? demandai-je.

— Une centaine !

— Des noms connus?

— Ah bien oui ! toute l'opportunaille avait filé sans crier gare, Carnot tout le premier a beaucoup mieux organisé sa fuite que son aïeul n'avait organisé la victoire... Un moment on a cru tenir Gonstans et Rouvier... c'était une erreur, ils s'étaient évadés dans un^tonneau de la compagnie Richer...

j —Vide?

— Puisque je te dis qu'ils étaient dedans î

— Ah bon !... et Freycinet?

— Lui! il s'est glissé dans la peau d'un gros boa | que Peson lui a vendue, et il a passé la frontière , enroulé sur lui-même, comme un honnête serpent

en train de digérer Turpin!

Et Turpin lui-même, mis en liberté dès le premier jour, n'a pas flairé cette dernière roublardise.

— Toujours naïf Turpin... et Burdeau ?

— Le pauvre homme !

On avait chargé Drumont de le surveiller... mais

Drumont est myope au point de ne pas avoir reconnu Rothschild qui l'a renversé en fuyant — la

rue Lafûtte et la rue Saint-Florentin venant de sauter presque en môme temps — or, comme Burdeau est l'homme aux transformations successives, il a trouvé le moyen de changer quatre fois de déguisement pendant sa luite. Parli déguisé en capucin, il s'est, en route, changé en chanteur arabe, puis en matelot, et quand il a touché la frontière, il était déguisé en garçon de recettes. Par exemple il y a ce pauvre Loubet qui a été fusillé... parce que espérant en Rothschild il s'acharnait à prétendre qu'il s'appelait Burdeau. Si on l'avait reconnu, bien sûr on l'aurait simplement mis sous clef... jusqu'à la fin du mouvement.

— Et Ferry ?

— Oh lui, il avait pris les devants avec Floquet... oui, tous les deux ! ils ont eu le temps de fuir, et se sont réfugiés à Sainte-Brelade. C'est Rochefort qui a raconté ça, avec sa verve habituelle — car tu penses bien qu'on Ta amnistié tout de suite, avec beaucoup d'autres... — bref, il a décrit, notamment, un nez à nez entre Floquet et Ferry, clans la chambre du général Boulanger, dont on s'est tordu pendant huit jours, malgré les transes de la révolution.

J'avais obtenu enfin la diversion que je cherchais; une fois sur le chapitre de la révolution Santeny ne tarissait plus.

Aussi, continuai-je ma lecture, en la coupant de nombreuses questions.

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