Z£UDE
Serait-U vrai? . ,
PIFÉAR.
Ce qu’il demande à la mer ce sont de jolis coraux, c’est un banc de perles fines... il est fou, enfin.
ZÉUOE.
Assez, assez ! (Allant lentement à Zi^plioris qui se tient la tête baissée et lui prenant la main.) Frère! elle est donc bien riche celle que tu aimes?
ZÉPHOaiS, la pressant sur son cœur.
Oh I tu m'as deviné, tu m’as compris, toi.
PIFÉAR.
Je demande à comprendre aussi.
ZÉPHORIS.
Oui, je l’aime avec passion, avec délire, et je voudrais des trésors pour les lui donner si elle est pauvre, ou pour m’élever jusqu'à elle si sa naissance est illustre.
. PIFÉAR.
Il aime et il ne connaît pas son objet! est-ce drôle... Mais, j'y pense, serait-ce pour cette beauté que tous les soirs, à la deuxième heure de la nuit, tu viens là, à celte place?
ZEPHORIS.
Oui, je l’attends, depuis huit grands mois, mais c’est en vain.
ZELIDE.
Où l’as-tu donc vue pour la première fois?
ZÉPHORIS.
Dans ces flots... où le courant l’entraînait.
Ah! c’est là-dedans que tu as fait sa connaissance?
* ZÉPHORIS.
C’était par un beau soir d’été, j’errais seul, dans ces parages Tout à coup des cris de désespoir frap^nt mon oreille, une jeune fille va périr : je m’élance à son secours du haut d’un rocher qui domine la mer ; bientôt la pauvre enfant est dans mes bras ; loiigtempa je luttai contre le courant, qui m’entraînait à mon tour; enfin, nous arrivâmes sur cotte plage, et c’est sur ce sable mémo que je la déposai encore évanouie, les rayons de la lune inondaient son visage de leur douce clarté.... Oh! qu’elle était belle! mon Dieu ! La voix de ses compagnes qui accouraient vers nous vint m’arracher à mon extase. Honteux de mes regards, je détournai la tête et je m’enfuis. J’avais sauvé sa vie, je voulus sauver auss sa pudeur.
ZÉLIDE
Et tu ne l’as jamais revue?
SI J’ÉTAIS ROI
ZÉFHORIS.
Jamais!... Est-elle une humble Allé comme toi, ma sœur? estelle née au sein des villes? je ne sais.