‹ Si-lingChapitre 13 sur 32 · B". — TAI-LIN · texte numérisé non relu

B". — TAI-LIN

Dans ce cimetière reposent l’empereur divinisé sous le nom de Che-tsong Hien-houang-li, ^ ^ ^

et deux de ses femmes, Hiao-king Hien-houang-heou ^

^ et Touen-sou-houang-kouei-fei ^ ^ fj^ .

Quinzième des vingt-trois fils de ICang-hi, le plus grand des empereurs Ts’ing, Yong-tcheng, dès qu’il fut monté sur le trône à l’âge de quarante-cinq ans, interdit l’exercice de la religion chrétienne et confisqua le Pei-t’ang, dont il fit un hôpital pour les pestiférés. Il reçut, en 1725, une ambassade du pape Benoît XIII, qui ne modifia en rien sa manière d’agir.

Il signa, en 1728, le traité de Kiachta, établissant le commerce avec la Russie.

Le 3o septembre 1780, un tremblement de terre détruisit presque entièrement Péking et en fit mourir la plus grande partie des habitants.

Yong-tcheng signa, le 20 août 1782, un édit expulsant définitivement tous les missionnaires à l’exception de M. Pedrini qui, d’après M"'" Favier, aurait contribué à son éducation.

Il mourut au Palais d’Eté, le 7 octobre 1735, à l’âge de cinquantehuit ans.

Hiao-king Hien-houang-heou donna le jour à l’empereur Kia-k'ing ; Touen-sou-houang-kouei-fei mourut sans postérité.

Presque en face du cimetière de T’ai-ling se trouve l’entrée commune

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l'ian de Ta-lioiig-mcn.

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de Ta-hûng-men (Grande Porte Rouge), ^ , dont nous avons

déjà dit un mot à propos de Tch’ang-ling.

Cette entrée est précédée d’une allée d’environ i5o inèlres de longueur, perpendiculaire à la route directe de Tong-k’eou-tseu-men à Mou-ling et faisant suite au sentier qui vient du portique de Chen-chechan ^ |Jj.

Au bout de cette allée, au milieu des sapins, se trouve un pont en

Portique de Chen-che-chan.

marbre de cinq arches, puis une avenue pavée en briques aboutissant à un portique composé de cinq portes en marbre formant une échelle décroissante, du centre aux extrémités. C’est là la véritable entrée officielle des Si-ling.

Les poutres en marbre formant l’entablement des cinq portes sont d’une dimension prodigieuse et supportent des sortes de toits de pagodes.

D’autres toits plus petits sont intercalés au sommet des colonnes, dont les bases sont couvertes de bas-reliefs d’un curieux travail.

Deux autres portiques semblables, perpendiculaires au premier, déterminent avec lui une cour fermée du quatrième côté par un mur que

8G ANNALES DU MUSÉE GUIMET

nous décrirons tout à l'heure. Dans cette cour, se remarquent deux chi-

P’ai-lcou de ïa-hong-men.

Uas-relief du P'ai-leou de Ta-hong-nicu.

mères en marbre recouvertes d’écailles et posées sur des socles quadrangulaires ; plus près du fond sont deux stèles invitant à mettre pied à

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terre et deux maisons de gardes près du fossé qui entoure le Ta-hong-men.

Bas-relief du Pai-Iou de Ta-hong-men.

Bas-relief du Pai-lou de Ta-hong-men.

Le mur du fond fait partie de l’enceinte de la nécropole; il est percé de trois portes en forme de voûtes à travers une partie très épaissie de la

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muraille, recouverte d’un toit jaune. Le mur peint en rouge reprend

ensuite son épaisseur normale et est percé de deux portes à droite et de

deux portes à gauche, l’ime dans l’enceinte du fossé, l’autre à une petite distance en dehors, donnant accès dans le parc.

Derrière la triple porte se trouve une cour de mêmes dimensions que la première, mais beaucoup moins ornée :

elle ne contient, en effet, qu’une maison de gardes à gauche , et , à droite, un enclos entouré de murs rouges. Cetenclos, envahi par les ju-

Chimère en marbre de la cour de Ta-hong-men.

jubiers

sauvages

et les hautes herbes, est percé de trois portes sur la face ouest ; il ne contient qu’un seul bâtiment, surélevé de deux marches, dans lequel se trouve un fauteuil impérial. Le plafond à caissons représente des dragons dorés sur fond bleu. Derrière ce bâtiment est un de ces édicules confortables dans lesquels les empereurs eux-mêmes sont contraints de s’isoler; dans ce buen-retiro s’élève, sur une dalle en marbre, une lunette en bois surmontée d’un siège demi-circulaire soigneusement rembourré en soie jaune. C’est le seul établissement de ce genre que j’aie remarqué aux Si-ling.

On quitte la cour de Ta-bong-men par un pont à trois arches, et on rencontre ensuite, au milieu des sapins, une allée dallée sur laquelle s’embranche à gauche la route de Tcb’ang-ling; on arrive enfin à un pagodon à deux toits, très élevé, en tous points sendjlable à celui que nous avons rencontré avant l’allée de personnages et d’animaux du tombeau de Kia-k’ing.

Autour de ce pagodon sont quatre colonnes sur lesquelles s’enroulent des dragons et, dans l’intérieur, se dressent deux tortues portant des stèles sur lesquelles sont gravées, à gauche une inscription en chinois, à droite sa traduction en mandchou.

Trente mètres plus loin est un pont en marbre de sept arches avec une maison de gardes à droite, puis une allée de statues ainsi composée à droite et à gauche :

I ° Une CO lonne ;

2° Un lion ;

3“ Un éléant ;

4® Un cheval;

5“ Un mandarin militaire;

6° Un mandarin civil.

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Cheval de l’avenue de T^ai-Iing.

On rencontre ensuite, à gauclie, une maison de gardes; à cet endroit, un gros monticule rocheux, couvert de sapins et appelé Tche-tchou-chaii (montagne de l’Araignée), , oblige la route dallée à faire un

coude accentué vers la droite. Après avoir contourné cet obstacle, elle reprend sa première direction et arrive à un Lonq-foiuf-men semblable à ceux de Mou-ling et de Tcb’ang-ling, après avoir laissé sur la droite un embranchement menant à T’ai-tong-ling; en face de cet embranchement est une petite maison de gardes.

Long-fong-men de T’ai-ling.

On franchit ensuite un ruisseau sur un pont en pierre de trois arches orné d’un garde-fous à colonnettes surmontées de fleurs de lotus; les clefs de voûte des arches représentent des têtes de dragons.

L’allée dallée, de huit mètres de largeur, traverse un bois de sapins à la sortie duquel elle s’élargit de manière à atteindre environ soixante mètres; elle est bornée par la rivière que l’on franchit sur trois ponts jumeaux ayant des têtes de dragons comme clefs de voûte à chacune de leurs trois arches et des garde-fous avec des colonnettes sculptées représentant des dragons et des grues.

Ces trois ponts donnent accès à l’avant-cour dallée du monument; à leur débouché se trouve im pagodon à double toit surélevé de cinq

ANNALES DU MUSÉE GülMET

marches. Extérieuremenl, ce pagodon est en briques grises jusqu’à un mètre cinquante de hauteur, puis peintes en rouge jusqu’à hauteur des poutres recouvertes d’ornements bleu, noir et or; le double toit est en tuiles jaunes; à l’intérieur se trouve une tortue portant une inscription.

On aperçoit sur la droite un Cheng-t' ing entouré d’un mur rouge ; dans cet enclos se trouvent :

Pagodon de T'ai-ling.

1° Un bâtiment contenant une pompe à incendie et une grande quantité de lanternes en papier;

2“ Une maison renfermant trois chaudières, un fourneau et des marmites et trois armoires à étagères ;

3“ Un pavillon à double toit contenant une grande cuve en bronze, trois marmites et un hypocauste;

4° Une maison à deux compartiments renfermant une grande cuve en bois et des civières pour le transport des offrandes du sacrifice jusqu’au temple.

A l’extérieur se trouvent un puits et une stèle d’avertissement pour les cavaliers, qui a sa symétrique de l’autre côté du triple pont.

Plan (le T’ai-ling

ANNALES DU MUSÉE GUIMET

En quittant le pagodon, on se trouve dans l’avant-cour bordée de deux maisons escortées de deux cuisines; celle de droite a, en outre, derrière elle, une petite construction en bois contenant des civières.

La maison de gauche, surhaussée de quatre marches, comporte extérieurement une véranda de quatre colonnes et deux cheminées d’appel ;

l’intérieur est divisé en quatre compartiments renfermant des lits de camp, des armoires à étagères et des fourneaux.

La maison de droite est divisée en trois compartiments meublés de la même façon.

Nous arrivons ensuite à la porte d’entrée du monument; elle est précédée d’une rampe et de deux escaliers de cinq marches, l’im à droite, l’autre à gauche.

Le portique, de cinq mètres de profondeur, est supporté par quatre colonnes peintes en rouge avec des fdets bleus et blancs. Les trois portes doubles, peintes Inscription du portique de T ai-iing. ^11 roiige, portent iieuf rangées de clous

dorés. Au-dessus de celle du milieu, on voit un tableau indiquant le nom du portique orné d’un cachet reproduit, d’ailleurs, sur toutes les dédicaces de T’ai-ling, et témoignant que ce monument est dû à la piété filiale de l’empereur K’ien-long.

Des râteliers d’armes sont rangés à droite et à gauche du portique.

La face intérieure de ce portique est en tout semblable à la face extérieure, à un détail près : on a monté cinq marches, on doit en redescendre six.

On a alors à sa droite et à sa ffauche les

grandes cuves en bronze et les fours à holocaustes habituels, puis les inévitables maisons à toits jaunes avec vérandas' à quatre colonnes. Ces maisons sont surélevées de six marches et ont trois portes à quatre battants et deux

Cachet de K’ien-long.

fenêtres. La maison de gauche est divisée en cinq compartiments et ne

Temple de T’ai-ling.

contient que des caisses, parfaitement vides au moment où nous avons

pénétré dans ce cimetière ; dans la maison de droite, il n^ a qu’un compartiment avec trois petites alcôves ayant servi, soit à contenir des autels, soit à serrer des objets précieux.

Le temple occupe le fond de la cour ; on y arrive par trois escaliers de huit marches de deux mètres de largeur, l’escalier du milieu étant divisé en deux par une grande dalle sculptée représentant le dragon et le phénix. Ces escaliers sont munis de rampes avec des colonnettes sculptées figurant des dragons et des grues. On se trouve alors sur une plateforme de huit mètres de profon-

Bi’ùlc-parfums du temple de T’ai-ling.

ANNALES DU MUSÉE GUIMET

deur, au premier plan de laquelle on remarque deux grands brûle-parfums, puis, en arrière et sur les côtés, deux grues et, plus au fond, deux cerfs en bronze.

Un promenoir fait le tour de la avec une balustrade en marbre blanc, de chaque angle de laquelle pointent des têtes de dragons.

On franchit une marche et on se trouve en présence des trois portes à quatre battants avec des ferrures dorées et argentées ; au-dessus de celle du milieu se lit la dédicace impériale. A l’intérieur sont trois alcôves ; les deux extrêmes sont surélevées de trois marches, celle du centre l’est de cinq. Devant ces alcôves existent trois trônes en bois rouge et or rangés

Echelle

Plan du temple de T^ai-ling.

derrière une grande table tendue en damas jaune ; devant la table se trouvent des candélabres dorés et quelques caisses vides.

Pl. V (<)6-97).

Caisson du plafond du petit palais de Ta-hong-mcn.

Le plafond, très élevé, est soutenu par des colonnes dont deux sont recouvertes d’un enduit doré ; il est à caissons avec des fleurs d’or sur fond vert.

Cinq mètres derrière le temple est une triple porte à laquelle aboutissent trois escaliers de huit marches ; l’ouverture du milieu, plus haute que les deux autres, est ornée, à droite et à gauche, de panneaux en céramique jaune avec des filets verts et de grosses fleurs jaunes en relief.

Cette triple porte est percée dans le mur d’enceinte du cimetière

Entrée de l’enclos funéraire de T'ai-ling.

proprement dit. Après l’avoir franchie, nous avons devant nous, à quelques pas, un portique triomphal supporté par des colonnettes en marbre surmontées de dragons en marbre se faisant face ; cette porte se termine par un toit jaune et est fermée par deux battants à barreaux en bois noir avec des filets dorés ; derrière elle est un autel portant les cinq offrandes ordinaires en pierre sculptée : brûle-parfums, vase à fleurs, chandeliers allumés. Suivant un usage à peu près général, fumée, fleurs et flammes sont d’une autre matière que leur support : ici, elles sont en basalte et les supports en calcaire.

La cour dans laquelle se trouvent ces divers monuments est plantée

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(le sapins; après une rampe d’accès de c|uatre mètres environ, on arrive à une forteresse semblable à celle de Tch'ang-ling et de dimensions peu différentes.

Tour de T’ai-ling.

Une voûte de cinq à six mètres de hauteur, fermée par une porte,

Inscription de la tour de T'ai-ling.

passe sous le massif de la tour pendant une quinzaine de mètres et débouche dans une cour intérieure, en face du panneau en céramique à grosses fleurs jaunes fermant l’entrée de la sépulture.

A droite et à gauche de la sortie de cette voûte sont deux rampes coudées amenant au haut du chemin circulaire en tournant le mamelon; ce chemin, d’une longueur de deux cents mètres environ, est bordé à l’extérieur par une ligne de créneaux et, à l’intérieur, par un mur

d’appui de cpiaLre-vingls centimèlres de hauteur. De ce chemin au sommet de la tour, il faut gravir cinq marches pour arriver au pied du pagodon qui la domine.

Cet édifice est semblable à celui du Tch’ang-ling ; il est orné d’un tableau donnant le nom du cimetière et contient une stèle rouge portant une inscription bordée de dragons multicolores.

Le mamelon était primitivement cimenté, au moins à son sommet, pour empêcher les infiltrations ; l’enduit est actuellement en fort mauvais état et un certain nombre de sapins, dont les graines ont été apportées par le vent, achèvent de détruire la calotte du monument.

A droite et à gauche du mur circulaire, sur le prolongement de l’entrée de la sépulture, des escaliers de vingt-cinq marches conduisent à deux portes, derrière lesquelles d’autres escaliers permettent de descendre dans l’enclos compris entre le mur crénelé du mamelon et le

Dragon.

(D'après une peinture sur bois do Houai-ling.)

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