B. — MOU-LING
Ce cimetière contient, réunis dans une tombe unique, les cercueils de : Siuan-isong Tch'eng-houang-li^ ^ .
Hiao-mou Tch'eng-houang-heou, ^ .
Hiao-chen Tch’eng-houang-heou, '|‘|^ ^ .
Hiao-ts'iuan Tch'eng-houang-heou, ^ •
Siuan-tsong Tc/ieng-houang-ti, qui a régné de 1820 à i85o sous le nom d’empereur Tao-kouang, ^ , était le deuxième fds de
l’empereur Kia-k'ing et de l’impératrice Hiao-chou Jouei-houang-héou, tous deux enterrés à Tch'ang-ling .
Tao-kouang portait avant son avènement le nom de Min-ning^ ; il naquit en 1780, fut proclamé empereur le 25 août 1820, et mourut à Peking le 20 février i85o (le quatorzième jour de la première lune de la trentième année de son règne).
Son rang dans la famille impériale ne l’appelait pas au trône ; un acte de courage et de détermination lui permit, en 181 3, de sauver la vie à son père et fut cause de son élévation.
Lin Ts'ing, premier eunuque du palais, était devenu le favori de Kia-k'ing et avait acquis un tel ascendant sur l’esprit de son maître qu’il avait pris en main le gouvernement de l’empire.
L’exercice du pouvoir exalta son ambition et lui inspira le désir
de s’emparer de la couronne en niellant à mort l’empereur et ses fils.
Pendant que Kiii-k'ing et les princes étaient à la chasse, Lin Ts'ing fit occuper les environs du palais par des troupes à sa dévotion, et donna le signal de l’insurrection dès que l’empereur fut rentré.
Mais, à l’insu du rebelle, Min-ning était resté en arrière; il comprit le but de ce déploiement de forces qui allaient envahir le palais, aperçut à leur tête l’ambitieux eunuque et, arrachant les boutons glo-
Pont do Mou-Iing.
buleux en cuivre de son habit, en chargea son fusil, ajusta Lin Ts'ing, et l’étendit mort. Aussitôt que les rebelles virent tomber leur chef, ils prirent la fuite.
Tno-kouang fut le 241*^ empereur de Chine; il eut douze enfants : neuf fils, dont deux morts en bas âge, et trois filles. Yi-(chou, le quatrième de ses fils, lui succéda sous le nom de Ilien-fong.
Les faits les plus connus de son règne sont ; en 1827, la révolte de Tchang-ko-eul (Jehangir) dans le Turkeslan ; la confiscation de la cathédrale de Peking, qui ne fut rendue qu’en 1860; la persécution des chrétiens et le martyre du Père Lazariste Perhoyre ; la prohibition de la
ANNALES DU MUSEE GUIMET
vente de l’opium et la guerre qui s’ensuivit en 1840; roccupation de Hong kong et Chang-hai; le traité Lagrené et la tin de la persécution par un édit de tolérance daté de i844-
lliao-chen Tch'eng-houang-heou fut la mère de la princesse Touanchouen-kou-louen-kong-tchou, enterrée à Tong- kong-tchou-ling.
Hiao-ts'iiian-Tch' eng-houang-heou a donné le jour à l’empereur llien-fong.
Contrairement à l’usage, la sépulture de Tao-kouang n’est pas précédée d’une allée de statues.
Une large avenue au milieu des sapins aboutit à un pont en marbre de cinq arches dont le tablier, assez fortement cintré, est formé de larges dalles; en face de son débouché, un triple portique appelé Long-fongmen, (porte du Dragon et du Phénix), marque l’entrée du
terrain de la sépulture.
Ce portique est percé de portes en bois à barreaux, en assez mauvais état, et ses panneaux pleins sont ornés de médaillons en tuiles vernissées représentant des dragons du côté du pont (voir p. i3), et des canards et des fleurs de lotus du côté du monument (voir pl. I).
Le portique franchi, on se trouve sur une esplanade dallée contenant, en son milieu, un kiosque à double toiture jaune et, à droite, un enclos entouré de murailles peintes en rouge avec des chaperons en tuiles jaunes.
Dans le kiosque, sur une large dalle de marbre représentant les flots de la mer dans lesquels s’ébattent des tortues, des poissons et des crustacés d’un remarquable travail, s’étale une tortue gigantesque en marbre blanc; elle n’a pas moins de quatre mètres soixante-dix centimètres de longueur; le bout de son museau est à deux mètres au-dessus de la dalle et la convexité de sa carapace atteint un mètre soixante de hauteur; elle supporte une longue et large tablette de marbre de cinq mètres de haut et d’un mètre quatre-vingt-cinq de large ; sur la face de celte tablette la plus rapprochée du portique, on remarque une inscription dédicatoire en caractères trilingues dorés. Sur la face opposée est inscrite une poésie de l’empereur llien-fong en l’honneur de son père.
Le kiosque est surélevé de huit marches au-dessus de la cour.
L’enclos de droite contient quatre édifices à toits jaunes servant à la préparation des sacrifices et dont l’ensemble porte le nom de Chengt'ing, ^ .
La première maison, à droite en entrant, est surélevée de quatre
marches ; elle est fermée du côté de la cour par un grillage en bois peint en rouge. Elle contient un lit de camp et une grande table occupant à gauche toute la largeur du bâtiment; elle servait à loger les pompes à incendie et les civières pour le transport des offrandes.
Le deuxième corps de logis, au fond de la cour à droite, est un pavillon à double toit jaune, aux murs peints en rouge avec des
ANNALES DU MUSEE GUIMET
lisérés noirs; il contient quatre grandes cuves en bronze et une cuve en bois; derrière lui se trouve l’hypocauste avec double cheminée
de tirage.
Au fond de la cour, en face, est un grand bâtiment contenant un lit de camp, deux cuves en fonte et un fourneau en briques au-dessus duquel sont suspendues des plaques de tôle, probablement pour empêcher la fumée de noircir la peinture des poutres. Les murs sont peints entièrement à l’ocre rouge, avec un cadre vert et des lisérés rouges et blancs.
Le quatrième édifice, à gauche, est surélevé de quatre marches et divisé en deux par une cloison; le compartiment de droite contient un lit de camp.
L’avant-cour est coupée en deux par un canal que l’on franchit sur un pont en marbre à trois arches ou sur les passerelles en pierre grise qui le flanquent à droite et à gauche; on rencontre ensuite une terrasse à laquelle on accède par une rampe et deux escaliers de huit marches.
Sur cette terrasse sont quatre maisons de gardes dont les deux plus importantes sont surélevées de six marches ; elles contiennent des lits de camp, des fourneaux et des meubles ; les toits en sont jaunes, comme d’ailleurs toutes les couvertures de ce cimetière.
Dominant celte terrasse, on remarque ensuite une plate-forme avec une rampe d’accès en pente douce de dix-huit mètres de largeur. Sur cette plate-forme se dresse le portique, surélevé lui-même, auquel on accède par une rampe centrale et deux
Pl. I (24-25).