CHAPITRE X
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Nikolaievsk ne m'a plu que médiocrement; je n'ai d'ailleurs eu que peu de temps à y passer. A peine débarqué, je courus en voiture à Tunique hôtel, puis j'allai m'informer du départ d'un bateau pour l'Amgoune. J'appris à la compagnie Ëlzoff-Levacheir qu'un bateau de cette compagnie de mines d'or partait le soir même. Je n'eus qu'à le chercher dans la flottille ancrée au rivage et à y retenir une place. Je fis ensuite le tour de la rue principale; il n'y a de confortables que les deux ou trois constructions des compagnies de l'Amgoune et la banque russo-chinoise.
Il n'y a pas de berge le long du fleuve; la terre est coupée presque à pic par l'usure de l'eau, sauf à une certaine distance en aval. Le climat est frais et humide, il fait du vent et un peu de pluie; pourtant des cosaques et des ouvriers, le corps^ dans l'eau, tout habillés, cherchaient à retirer du fleuve de longues pièces de bois charriées sous forme de radeaux. Leur besogne n'avait, je pense, rien de bien agréable.
La population est composite : des Coréens, des Golds et des Toungouzes, peuplades de race jaune, apparentées aux Chinois, et des Chinois commerçants. La colonie russe ne s'occupe que des mines d'or et de la chasse, aux fourrures, martres zibelines et renards
eus. Hais le prix en est très élev4 et il en faat un si aod nombre pournn manteau que le chiffre de mille ubles est vite dépassé. L'agriculture paratt être lais- 3 aux indigènes, et le climat ne s'y prête pas. Nikolaievsk était, avant Vladivostok et avec Petroulovsk, sur la même latitude, au Kamtchatka, le rt le plus important de la Sibérie orientale. Ce port ist que l'embouchure de l'Amour, mais elle est assez ofonde pour les navires de trois à quatre mille tonaux. A cause de la congélation des fleuves et des tes, les communications sont interrompues en hiver; poste n'arrive de Khabarovsk qu'une fois on deux r mois au moyeu de traîneaux à chiens qui font en le semaine les 1,000 verstes de distance. Lorsque le luvais temps, la neige, persistent, ce mode de comjnication peut même faire défaut. C'est vraiment e extrémité du monde où l'on n'aimerait pas à finir s jours, car en été même, le climat est pluvieux et i beaux jours sont rares.
De Nikolaievsk, un service régulier de bateaux, à s intervalles alternatifs d'une et de trois semaines, Esert la cête d'Okhotsk, puis celte du Kamtchatka ec Petropaulovsk, enfin l'tle de Behring et Hariinsk X bouches de l'Anadyr, comme terminus. De là, il f a que400 à 600 kilomètres jusqu'en Alaska. Au sud Nikolaievsk, les bateaux font des zigzags entre la te et rtie de Sakhaline, puis doublent le cap Grillon la haie d'Olga et à Vladivostok. C'est ce dernier tra- '. que je compte faire à mon retour à Nikolaievsk. Le soir à 8 heures, je suis à bord du Sokol, capitaine kol. Il part ft 40 heures. Il n'y a pas de cabines; les .ssagers s'étendent âur les banquettes de la salle à Eknger; il bi*f & qiie cinq places; dont là misnaâi
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•toutes occupées. Sur lé pont, il y a une centaine de passagers, Golds et Coréens; l'équipage comprend dix hommes et le mécanicien. A dix heures, la machine se met en mouvement, et je m'étends sur mes couvertures. Mais bientôt elle s'arrête; pendant que je me demande ce qui se passe, je m'endors^ et le lendemain je m'éveille, toujours en rade de Nikolaievsk.
Il y a un joint à réparer à la machine et cela dure toute la journée. L'unique canot est au service des ôu«vriers et il n'y a qu'à prendre patience en regardant la terre où l'on ne peut mettre le pied, et en lisant du russe, ce qui prend beaucoup de temps, alors qu'un roman français ne durerait que quelques heures. Il est neuf heures du soir quand le Sokol peut enfin sortir de la rade ; dans la matinée suivante^ il s'échoue sur un banc de sable et perd trois heures à se dégager. En douze heures, il fait quarante kilomètres, et nous en avons 450 jusqu'à Eerbinsk, où se trouvent les magasins des compagnies de l'Amgoune. Le capitaine trouve que tout va bien; il voyage avec sa femme, un frère cadet qui a huit ans, et unbébé de dix-huit mois; une petite bonne de quinze ans aide au service et à la cuisine. Nous sommes en famille. Le capitaine dort quand il peut, pour surveiller son pilote ; il est avec ses hommes tantôt bon enfant, tantôt autoritaire, et voilà la vie que mène cette famille durant les quatre mois d'été; elle n'a qu'une minuscule cabine; aussi le ^ frère du capitaine dort avec nous dans la salie à manger. , Mes compagnons de voyage et de cabine sont des . ' commerçants qui vont tenter la chance d'exploiter des > alluvions aurifères sur un affluent de l'Amgoune; ils i emmènent des ouvriers : je n'ai guère de choses intéressantes à leur demander; ils jouent aux cartes trèi
tard le soir quand je préférerais dormir; mais ils descendent à moitié chemin de Kerbinsk.
Près du confluent de TAmgoune, nous passons devant un village construit sur pilotis, à demi noyé par les hautes eaux; il y a pourtant encore des indigènes qui l'habitent. Plus haut, le capitaine fait stopper son bateau devant des baraques à moitié détruites; ses hommes descendent tout vêtus dans l'eau, qui paraît très froide, en ramènent des pièces de bois qui serviront à alimenter la chaudière; c'est du chauffage à bon marché.
Nous remorquions une barque chargée de provisions et de plusieurs vaches; chaque jour on s'arrête une heure ou deux pour leur faucher de l'herbe, puis on les débarque sur un petit affluent de l'Amgoune qui paraît inhabité, et où pourtant leur conducteur les suit.
Oudinsky-Sklad est un entrepôt de la compagnie Eltzof-Levacheff; il y a tout un village. Aux basses eaux, les vapeurs ne vont pas plus haut et une route de 220 kilomètres conduit à Kerbinsk. Cependant un bateau à fond plat, à roues d'arrière, peut encore profiter d'une période des basses eaux. C'est ici que je laisse mes compagnons de voyage et je reste seul avec la famille du capitaine. Nous laissons notre barge, mais nous prenons sept chevaux sur le pont même du Sokol; ils ne vont heureusement qu'à 50 kilomètres plus haut transporter des bois coupés pour le service des bateaux.
Pendant les derniers jours, je fais des promenades sur la toiture en tôle qui recouvre l'arrière du bateau, prolongeant la passerelle du capitaine. C'est le seul espace libre : le pont est encombré d'indigènes et de
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bois de chauffage. L'inconvénient de cette toiture consiste dans les torrents d'étincelles de bois brûlé que lance la cheminée; il y a de véritables braises, peu visibles le jour; aussi mon chapeau est-il bientôt percé de plusieurs trous ronds comme des billes, et je remarque des trous semblables sur les casquettes et les habits du capitaine et de ses hommes. Le fleuve est sinueux, de sorte que la direction des étincelles change constamment : le capitaine prétend qu'un pare-étincelle éteint son feu; je ne puis le croire, j'en ai vu sur d'autres bateaux.
Ce soir^ le bateau va d'une lenteur exaspérante, tandis que la machine s'essouffle : le courant est violent. Je mesure cette vitesse en me promenant sur la toiture, de façon que mon ombre projetée par le soleil couchant soit immobile sur un arbre de la rive. Nous ne faisons pas 1 ,500 mètres à l'heure. Des Coréens rient en comprenant mon manège. Ailleurs, nous voulons raccourcir en suivant un bras du fleuve^ le courant est si vif que le Solcol n'avance plus du tout; il perd une demi-heure en cherchant- un passage moins rapide i droite et à gauche; enfin, il gagne imperceptiblement et nous passons. Les rires des Coréens me rappellent la mine réjouie de ce jeune ingénieur avec qui je voyageais à Krasnoïarsk et qui étaitarrivé à cette conclusion si éminemment satisfaisante et gaie qu'il n'y a rien au delà de ce monde. Cela jurait avec sa figure heureuse et je ris encore en me rappelant les articles en russe où il exposait ses théories.
Les montagnes boisées s'éloignent et s'approchent tour à tour de la rive : nous passons devant un placer et sa laverie, et je vais voir la mine en compagnie du capitaine et de l'équipage, mais nous sommes harcelés
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d'innombrables moustiques. Un de ses hommes que le capitaine semble préférer pour sa force et son adresse est tout jeune encore, avec une large figure rose couverte de cheveux bouclés; il est toujours là s'il y a un coup de main à donner. C'est un futur chef; il me rappelle Ivan Gordeief faisant son apprentissage sur le Volga,
Quand nous arrivons aux quais de Kerbinsky Sklad^ àl'embouchure de la rivière Kerbi, le paysage est devenu tout à fait plat. Je débarque et m'informe des moyens d'arriver aux mines de TAmgoune. Je déjeune chez un charmant petit vieux, tout petit, qui me conduit faire ensuite un tour en voiture dans la boue du chemin des mines; quand il a plu^ ces chemins sont des fondrières. Je ne pourrai partir que ce soir, vers 6 ou 7 heures, lorsque le courrier des mines sera arrivé^ et c'est la Compagnie de l'Amgoune qui me fournira sa voiture.
Je vais donc vers 5 heures au bureau de cette compagnie. Dans une grande salle, je trouve un personnage qui fume de gros cigares, exception chez les Russes, qui ne fument que des cigarettes. Nous buvons de la bière, et tout le monde parle allemand, ce dont je ne suis pas fâché. Puis le personnage retourne à son bureau, avec les autres. J'erre dans les salles et les corridors, et je vais m'asseoir dans une vaste chambre inhabitée à côté de la porte d'entrée, et je continue une lecture russe entreprise sur le bateau. Deux heures se passent, pas de voiture. A ce moment, une petite fille de sept ans entre doucement dans ma chambre et me pose des questions en russe; elle est suivie de près par son petit frère et sa petite sœur, plus jeunes. Ils me demandent mon nom, d'où je viens, ce que je
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fais, où je vais, les noms de mes enfants, comment ils sont, et ils me disent leurs noms, m'apportent leurs jouets, et cette triste chambre isolée s'anime tout à fait. L'aînée, Nadia^ tire de son cou une petite croix suspendue à une chaîne, et me demande si j'en ai une, tout cela en russe. Ma prononciation les étonne^ mais ils me comprennent bien. Je vais leur paraître un hérétique, car je n'ai ni chaîne ni croix. Par bonheur, il y a des médailles dans mon porte-monnaie, et sur ces médailles il y a des croix^ et voilà leurs petites mines, qui paraissaient inquiètes, toutes gaies et rassérénées. Les parents entrent ensuite, et on leur apprend immédiatement que je ne suis pias un étranger, ni un hérétique, ce qui est la même chose dans ces tètes d'enfants. Au dtner^ j'apprends que la poste n'est pas encore arrivée^ mais qu'elle rentrera tard et que je pourrai partir demain matin à 4 heures. Après le dîner, la bière et le vodka nous portent jusqu'à il heures et je vais dormir.
Je pars à 4 heures du matin, accompagné du docteur de l'Amgoune, qui réside aux mines. Le temps est si couvert et la pluie si froide que je ne suis pas fâché d'enfiler ma pelisse et mes bottes fourrées à la fin de juillet. Le pays n'est pas moins triste que le temps; c'est une plaine à peine ondulée, couverte de bouleaux et de petits sapins. En certains endroits, ces arbres ont été dépouillés de leurs branches à la suite d'incendies, mais leurs troncs sont si rapprochés, que je ne puis m'empècher de comparer ces troncs noirs, minces, très serrés, à une forêt de cheveux. Cette réflexion fait rire le docteur qui se décide à parler. Tout était maussade autour de nous, et je commençais à trouver ce docteur aussi maussade que le reste;
I ftmes 60 kilomètres, avec deax relaie, où un ) thé nouB réchauffa, et nous arriv&mes vers t demi à l'immense b&timent de direction des le l'Amgoune. On me donna un petit bâtiment à imme logement, avec un serviteur pour moi seul a'un samovar, et l'on m'invita k dtner dans le bâtiment. Le téléphone m'avait annoncé, térieur du grand bâtiment en bois n'était pas imposant que l'extérieur : hautes salles, salons le plantes vertes, avec des pianos, vaste salle à r avec une table toujours mise, brillante de x; le soir, éclairage électrique à profusion. Dans les à l'aspect moyenâgeux, tout le monde faisait 1 de toilette. Mais pour moi, quel contretemps t iptais trouver aux mines une maison toute , et pour directeur un mineur, et j'étais arrivé ;ume de toile et en grosses bottes, laissant mes ■■s à Kerbinsk. II n'y avait qu'à prendre gaiement se et à en plaisanter en russe. On qualifia ma iciation de polonaise, et après le dîner le piano t l'avantage en ma faveur. Il y avait trois ingédeux dames, et deux jeunes gens de 16 à , fils de la première femme du premier mari de ne d'un de ces ingénieurs, de sorte qu'ils étaient parfaitement étrangers à leurs tuteurs actuels, ituation bizarre n'était pas, je pense, étrangère air légèrement emprunté, et la vie des mines 1 de bien gai.
lays était beaucoup plus joli que la route : des s arrondies, avec des forêts de pins, une large plate, et la plaine couverte de villages miniers, iments des laveries et d'amoncellements de 1 de lavage; dans le fond, les installations mo-
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dernesy des trains de wagonnets avec des locomotives à vapeur, des excavateurs sur rails le long de profondes tranchées^ longues de 1,600 mètres.
Pendant mon séjour dans la région^ je visitai aussi les placers Eltzoff et Levachef, où je fus accueilli de la façon la plus gracieuse. Je me rappelle une anecdote racontée par la femme du directeur des travaux. Elle avait fait un voyage à Paris, mais ne connaissait que quelques mots de notre langue. Un matin, elle sonne sa femme de chambre et demande du café. Elle attend fort longtemps; enfin la femme de ch'ambre revient, sans apporter de café, mais avec un paquet soigneusement enveloppé. Elle le défait sans y rien comprendre et y découvre de faux cheveux. La femme de chambre avait compris coiffure. Quel doit donc être l'eiTet de ma prononciation russe, pensais-je, en écoutant ce malentendu invraisemblable 1
L'un des placers^ nommé Vesioly (joyeux) est célèbre dans toute la Sibérie. Il a été l'origine des riches découvertes de l'Amgoune et a produit des millions : son propriétaire me le montre avec un certain orgueil^ et l'appelle le père des placers, jeu de mots que je comprends assez mal. Je suis dévenu peu sensible à l'effet réputé magique de l'or^ à force d'avoir vu combien il y a d'échecs pour un succès, combien de gens n'en profitent guère, et à quel prix surtout il a été conquis.
J'ai appris en effet de divers côtés que la découverte de l'or en Sibérie est due presque toujours aux forçats évadés. Pour dépister et décourager les recherches, ils s'enfuyaient dans les régions les plus inaccessibles; ils finissaient par se grouper au nombre de vingt à trente, et partaient à la recherche de l'or, en plein
hiver, le long des rivières glacées. Lorsque l'or était découvert, un grand nombre manquaient à Tappel, morts de froid et de privations; les autres organisaient une petite exploitation à l'endroit le plus riche. Mais le bruit de la découverte finissait par se répandre, et des marchands exploitant la région, sachant bien que les forçats n'ont pas le droit légal de posséder une mine d'or, arrivaient accompagnés par la police cosaque. Les malheureux forçats s'enfuyaient ou se laissaient reprendre. Mais on estime que plus des neuf dixièmes d'entre eux avaient péri de froid et de misère avant d'en arriver là, à ce point où d'autres venaient récolter sans peine le fruit de leur travail. Lorsqu'on songe que parmi les forçats il j a. des prisonniers politiques, l'on est plus ému encore de cette fatalité des choses^ et l'on est plus tenté de croire que dans certains ouvrages russes, il n'y a pas tant d'exagération.
Les faits de brutalité sont exceptionnels et, quant à la situation actuelle des ouvriers mineurs sur l'Amgoune comme sur la Lena, il m'a semblé que leurs conditions de vie ont été bien améliorées par les compagnies riches de ces régions. Il reste sans doute encore à faire ; mais il faut songer aussi que le bonheur n'est pas le môme aux yeux de tout le monde, et qu'il faut le placer surtout, comme faisait notre philosophe Descartes, dans la modération de ses désirs. Nul ne discute qu'il y a ensuite des réformes à faire.
On conçoit donc que le genre de souvenir qu'éveillent en moi les placers aurifères dans ces pays inhabités et inhospitaliers n'est pas très égayant. Le froid atteint ici 30 et 40 degrés, et l'été est si court, si humide en même temps, avec des gelées si fréquentes, que la culture du blé ne réussit pas. Lors donc que les mines
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seroDt épuisées, les indigènes^ Toungouzes, Golds, reprendront tranquillement possession du pays, et il est probable que personne ne viendra le leur disputer. £n attendant, les Russes y vivent confortablement. Voici bien des années que Mme X... ne quitte pas son placer, pas plus l'hiver que l'été, et elle ne paraît pas regretter Paris ni ses coiffures. Pourtant l'or diminue, et cela pourrait faire partir bien des gens malgré eux.
En revenant par les mines de la Compagnie de l'Amgoune^ nous passons encore une soirée fort agréable. Une des dames nous a joué la Symphonie d'Haydn à la reine de France, cette œuvre faite plutôt pour un parc comme Versailles que pour une nature sauvage comme celle-ci^ et nous raconte ensuite que pour venir ici elle a fait 4,000 kilomètres en traîneau sur la glace, depuis Tchita; le pire traîneau est le traîneau à chiens : à partir de Khabarovsk, il est si étroit qu'il faut y demeurer plié en deux sans bouger et subir les continuels soubresauts et les heurts d'un attelage inégal, que le cocher ne cesse de harceler de cris et de coups de fouet, tandis qu'il fait 30 degrés de froid. Du moins en tarantasse ou dans le grand traîneau on peut s'allonger.
Je trouve dans toutes ces installations sibériennes le même inconvénient; il n'y a pas de home véritable. Plusieurs familles vivent dans une promiscuité qui nous déplairait. C'était ainsi à Tchebaki. Les enfants semblent s'y habituer tout jeunes. Je me rappelle en Amérique des habitudes identiques : les Russes, comme les Anglo^Saxons, paraissent se supporter sans gêne les uns les autres. Est-ce moins de nervosité de leur part, ou plus de qualités aimables de la nôtre? Il me semble pourtant que le charme de la famille et des enfants est détruit par la présence d'étrangers.