La Beaumelle, dans ses notes, dit
« C’est un être de raison que cette po- » litesse. » Comment cet écrivain oset-il démentir ainsi l’Europe? (Note de Voltaire.) — Louvois et Louis XIV luimême furent bien durs à l’égard des Hollandais.
fût partout rétablie; que la république lui envoyât tous les ans une ambassade extraordinaire avec une médaille d’or, sur laquelle il fût gravé qu’ils tenaient leur liberté de Louis XIV ; enfin, qu’à ces satisfactions ils joignissent celle qu’ils devaient au roi d’Angleterre et aux princes de l’Empire, tels que ceux de Cologne et de Munster, par qui la Hollande était encore désolée.
Ces conditions d’une paix qui tenait tant de la servitude parurent intolérables, et la fierté du vainqueur inspira un courage de désespoir aux vaincus. On résolut de périr les armes à la main. Tous les cœurs et toutes les espérances se tournèrent vers le prince d’Orange. Le peuple en fureur éclata contre le grand pensionnaire, qui avait demandé la paix. A ces séditions se joignirent la politique du prince et l’animosité de son parti. On attente d’abord à la vie du grand pensionnaire Jean de Witt; ensuite on accuse Corneille, son frère, d’avoir attenté à celle du prince. Corneille est appliqué à la question. Il récita dans les tourments le commencement de cette ode d’Horace, Justum et tenacem^^ etc., convenable à son état et à son courage, et qu’on peut traduire ainsi pour ceux qui ignorent le latin :
Les torrents impétueux,
La mer qui gronde et s’élance,
La fureur et l’insolence D’un peuple tumultueux,
Des fiers tyrans la vengeance,
N’ébranlent pas la constance D’un cœur ferme et vertueux.
(20 auguste 1672) Enfin la populace effrénée massacra dans la Haye les deux frères de Witt^, l’un qui avait gouverné l’État pendant dix-neuf ans avec vertu, et l’autre qui l’avait servi de son épée. On exerça sur leurs corps sanglants toutes les fureurs dont le peuple est capable : horreurs communes à toutes les nations, et que les Français avaient fait éprouver au maréchal d’Ancre, à