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Les provinces d’Over-Yssel, de Gueldre et d’IJtrecht

7. Colbert, Pomponne, les généraux intercédèrent en vain ; Louvois l’emporta, et Louis XIV accepta la responsabilité de ces actes inhumains.

de leur pays. Louis XIV passa dans l’Europe pour avoir joui avec trop de précipitation et trop de fierté de l’éclat d’un triomphe passager. Le fruit de cette entreprise fut d’avoir une guerre à soutenir contre l’Espagne, l’Empire et la Hollande réunis, d’être abandonné de l’Angleterre, et enfin de Munster, de Cologne même^, et de laisser dans les pays qu’il avait envahis et quittés plus de haine que d’admiration pour lui.

Le roi tint seul contre tous les ennemis qu’il s’était faits. La prévoyance de son gouvernement et la force de son état parurent bien davantage encore lorsqu’il fallut se défendre contre tant de puissances liguées et contre de grands généraux, que^ quand il avait pris, en voyageant, la Flandre française, la Franche-Comté et la moitié de la Hollande, sur des ennemis sans défense.

On vit surtout quel avantage un roi absolu, dont les finances sont bien administrées, a sur les autres rois Il fournit à la fois une armée d’environ vingt-trois mille hommes à ïurenne contre les Impériaux, une de quarante mille à Condé contre le prince d’Orange : un corps de treupes était sur la frontière du Roussillon; une flotte chargée de soldats alla porter la guerre aux Espagnols jusque dans Messine : lui-même marcha pour se rendre maître une seconde fois de la Franche-Comté. Il se défendait et il attaquait partout en même temps.

D’abord, dans sa nouvelle entreprise sur la Franche-Comté, la supériorité de son gouvernement parut tout entière. Il s’agissait de mettre dans son parti, ou du moins d’endormir les Suisses nation aussi redoutable que pauvre, toujours armée, toujours jalouse à l’excès de sa liberté, invincible sur ses frontières, murmurant déjà, et s’effarouchant de voir Louis XIV une seconde fois dans leur voisinage. L’Empereur et l’Espagne sollicitaient les treize cantons de permettre^ au moins un passage libre à leurs troupes, pour secourir la Franche-Comté, demeurée sans défense par la négligence du ministère espagnol. Le roi, de son

1. C'est-à-dire, par ellipse, de l’évèque de Munster de l’archevêque- électeur de Cologne.

2. Davantage... que, locution vieillie, employée par nos meilleurs écrivains des trois derniers siècles.

3. C’est vrai, mais à quel prix trop souvent? Comme il fallait augmenter considérablement les ressources extraordinaires. Colbert se récria : « Songez-y, dit le roi, il se présente un homme qui entreprendra d’y suffire, si vous ne voulez pas vous y engager. »

Colbert, après une longue lutte avec

lui-même, resta ; mais désormais il devint sombre, hésitant, difficile; il lui fallait renoncer à tous ses plans d’améliorations pacifiques, à toutes ses espérances. Les parlements durent enregistrer purement et simplement , sans remontrances préalables, les édits qu’on leur présentait. Dès lors on eut recours aux affaires extraordinaires^ ruineuses pour le pays et dangereuses pour le gouvernement.

4. Permettre est ici dans le sens de laisser^ qu’on emp’oie plus habituellement.

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