‹ Sicle de Louis XIVChapitre 147 sur 447 · Ladembourg, sur le Necker · texte numérisé non relu

Ladembourg, sur le Necker

3. Il est à regretter que Voltaire, malgré son aversion pour les actions de guerre, pour ces détails de la fureur et de la misère humaine, n’ait pas employé la lucidité de son esprit et la vivacité de son style au récit de ces immortelles campagnes de Turenne.

Rappelons au moins quelques-uns des traits les plus remarquables de la défense de l’Alsace. — Après les combats de Sintzheim et de Ladembourg, après le premier incendie du Palatinat (août 1674), il force, sans se conformer aux ordres de Louvois, les ennemis, qui ont franchi le Rhin entre Spire et Philipsbourg, à repasser le fleuve. Mais Strasbourg leur livre ses ponts (23 septembre) ; Turenne, pour prévenir leur jonction avec l’électeur de Brande-

bourg, vient les combattre à Entzheim (4 octobre). Ou lui avait ordonné d’abandonner l’Alsace pour couvrir la Lorraine; le vieux capitaine, qui u croissait en audace à mesure qu’il vieilissait, » écrit au roi ; o Si je m’en allais de moi-même, je ferais ce qu’ils auront peut-être de la peine à me faire faire. Quand on a un nombre raisonnable de troupes, on ne quitte pas un pays encore que l’ennemi en ait beaucoup davantage. Je connais la force des troupes impériales, les généraux qui les commandent, le pays où je suis; je prends tout sur moi* »

4. a Tl ne faut pas, disait Turenne au marquis de la Fare, qu’il y ait un homme de guerre en repos en France tant qu’il y aura un Allemand en Alsace. » a Alors, ajoute la Fare, je vis que nous allions avoir une longue tin de campagne... Nous marchions le long du revers occidental des Vosges, à la fin de décembre, pendant un hiver des plus rudes qu’on ait vus, et nous passions toutes les nuits à cheval. Enfin l’armée arriva à Belfort. » Les ennemis, dispersés et surpris, furent alors successivement battus à Mulhauscn, à Turckheim près de Colmar, etc., ils s’empressèrent de repasser le Rhin, sur le pont de Strasbourg, o Le vieux duc de Lorraine, méchant plaisant de son naturel, dit qu’un prince par la grâce du roi avait fait repasser le Rhin à cinq princes par la grâce de Dieu. »

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