‹ Sicle de Louis XIVChapitre 151 sur 447 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

n’osant plus confier la fortune de l’Empire à des princes qui l’avaient mal défendu, remit à la tête de ses armées le général Montecuculli, celui qui avait vaincu les Turcs à la journée de Saiut-Gotliard, et qui, malgré Tur(‘jinc et Condé, avait joint le prince d’Orange, et avait arrêté la fortune de Louis XIV après ' la conquête de trois provinces de Hollande.

On a remarqué que les plus grands généraux de l’Empire ont souvent été tirés de ITtalieL Ce pays, dans sa décadence et dans son esclavage^, porte ^ encore des liommes qui font souvenir de ce qu’il était autrefois. Montecuculli était seul digne d’être opposé à Turenne. Tous deux avaient réduit la guerre en art. Ils passèrent quatre mois à se suivre, à s’observer dans des marches et dans des campements plus estimés que des victoires par les officiers allemands et français. L’un et l’autre jugeaient de ce que son adversaire allait tenter, par les démarches que lui-même eût voulu faire à sa place; et ils ne se trompèrent jamais. Ils opposaient l’un à l’autre la patience, la ruse et l’activité ; enfin ils étaient prêts d’en venir aux mains et de commettre^ leur réputation au sort d’une hataille, auprès du village de Saltzhach®, lorsque Turenne, en allant choisir une place pour dresser une batterie, fut tué d’un coup de canon (27 juillet 1675)’^. Il n’y a personne qui ne sache les conséquences de cette mort ; mais on ne peut se défendre d’en retracer les principales, par le même esprit qui fait qu’on en parle encore tous les jours®.

1. On peut citer, auxvii® siècle, Piccolomini, Gallas, Colloredo, Caprara, Montecuculli, et même le prince Eugène, d’origine italienne, quoique né français.

2. Esclavage. — L’Italie, en effet, dans les temps modernes, a toujours été soumise, malgré elle, à la volonté des étrangers; les Frçinçais, puis surtout les Espagnols et lès Allemands, ont détruit l’indépendance de ce malheureux pays , en occupant ses plus belles provinces et en dominant le reste par leur influence.

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