‹ Sicle de Louis XIVChapitre 155 sur 447 · La gloire de Condé n’était pas éclip · texte numérisé non relu

La gloire de Condé n’était pas éclip

sée, même à Versailles, où Louis XIV lui témoigna toujours les plus grands égards.

6. Il pleurait d’admiration aux tragédies de Corneille. La Bruyère et Santeuil faisaient partie de sa maison ; il aimait à vivre dans la société de Racine, la Fontaine, Boileau, Fléchier, Fleury, Ducange, Malebranche, etc. ; il admirait Molière. Il se plaisait .i discuter avec eux, et discutait parfois avec emportement ; aussi Boileau disait un jour : « Dorénavant je serai toujours de l’avis de M. le Prince, surtout quand il aura tort. » Dans ses dernières années, il se laissa ramener à la religion par la voix do Bossuet, qui devait se faire entendre sur son cercueil, et qui a tant contribué à la gloire du héros; le Condé de l’Oraison funèbre est resté dans tous les souvenirs. On peut lire d’intéressants détails

ce feu dévorant, qui en avait fait dans sa jeunesse un héros im> pétueux et plein de passions, ayant consumé les forces de son corps, né plus agile que robuste, il éprouva la caducité^ avant le temps, et mourut en 1680. Montecuculli se retira du service de l’Empereur, en même temps que le prince de Condé cessa de commander les armées de France.

C'est un conte bien répandu et bien méprisable, que Montecuculli renonça au commandement des armées après la mort de Turenne, parce qu’il n’avait, disait-il, plus d’émule digne de lui. Il aurait dit une sottise, quand même il ne fût pas resté un Condé. Loin de dire cette sottise dont on lui fait honneur, il combattit contre les Français, et leur fit repasser le Rhin cette année. D’ailleurs, quel général d’armée aurait jamais dit à son maître : cc Je ne veux plus vous servir, parce que vos ennemis sont trop faibles, et que j’ai un mérite trop supérieur ! »

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