‹ Sicle de Louis XIVChapitre 162 sur 447 · Louis XIV ordonna de rendre les · texte numérisé non relu

Louis XIV ordonna de rendre les

honneurs militaires, dans tous ses ports, au vaisseau qui rapportait en Hollande les restes de Ruyter.

4. La troisième bataille fut livrée, le 3 juin, dans le port de Païenne; le jeune Tourville , alors capitaine de vaisseau, donna le plan que Vivonne adopta et que Duquesne exécuta. La Franco eut l’empire de la Méditerranée.

Duquesne était protestant; c’est ce qui empêcha Louis XIV de le nommer maréchal de France.

5. Plusieurs causes empêchèrent ces glorieux combats d’avoir de grands résultats; Louvois, jaloux de Colbert, ne voulait pas mettre ses troupes à la disposition du ministre de la marine ; aussi les renforts furent-ils insuffisants. Louis XIV ne voyait d’ailleurs dans la

mencé la guerre pour l’intérêt de la France, était prêt enfin de se liguer avec le prince d’Orange, qui venait d’épouser sa nièce ^ De plus, la gloire acquise en Sicile coûtait trop de trésors. Enfin les Français évacuèrent Messine (8 avril 1678), dans le temps qu’on croyait qu’ils se rendraient maîtres de toute l’île. On blâma beaucoup Louis XIV d’avoir fait dans cette guerre des entreprises qu’il ne soutint pas, et d’avoir abandonné Messine, ainsi que la Hollande, après des victoires inutiles.

Cependant c’était être bien redoutable de n’avoir d’autre malheur que de ne pas conserver toutes ses conquêtes^. Il pressait ses ennemis d’un bout de l’Europe à l’autre. La guerre de Sicile lui avait coûté beaucoup moins qu’à l’Espagne épuisée et battue en tous lieux. Il suscitait encore de nouveaux ennemis à la maison d’Autriche. Il fomentait les troubles de Hongrie; et ses ambassadeurs à la Porte ottomane la pressaient de porter la guerre dans l’Allemagne, dût-il envoyer encore, par bienséance, quelque secours contre les Turcs appelés par sa politique. Il accablait seul tous ses ennemis. Car alors la Suède, sou unique alliée, ne faisait qu’une guerre malheureuse contre l’électeur de Brandebourg^. Cet électeur, père du premier roi de Prusse, commençait à donner à son pays une considération qui s’est bien augmentée depuis: il enlevait alors la Poméranie aux Suédois^.

11 est remarquable que, dans le cours de cette guerre, il y eut presque toujours des conférences ouvertes pour la paix: d’abord à Cologne, par la médiation inutile de la Suède ; ensuite à Nimègue^, par celle de l’Angleterre. La médiation anglaise ne fut qu’une vaine cérémonie. Louis XIV fut en effet le seul

guerre maritime qu'une utile diversion; puis les Anglais allaient s’unir aux Hollandais, etc. Alors la Feuillade , successeur de l’incapable Vivonne, évacua Messine, au grand désespoir des malheureux habitants qu’il abandonnait à la vengeance de l’Es pagne.

1. Charles II, de plus en plus pressé par les ennemis de l’alliance française, fut forcé de consentir au mariage du prince d’Orange avec sa nièce, Marie, fille de Jacques, duc d’York (1677); puis il dut s’allier, malgré ses sympathies pour Louis XIV, avec les Etats- Généraux, le 10 janvier 1678.

2. La phrase est ici embarrassée ; il faudrait régulièrement : c’était être bien redoutable que de..,

Page 1