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Les Suédois n’avaient cessé d’être

battus par le roi de Danemark et l’électeur de Brandebourg, notamment à Fehrbellin; ils avaient perdu presque toutes leurs possessions en Allemagne.

11 fallut une dernière campagne de Gréqui pour contraindre l’électeur de Brandebourg à rendre sa proie; le maréchal passa le Rhin le l®'’mai 1679, chassa les ennemis de la Westphalie, força le passage du Weser, à Minden, le 30 juin, et ne fut arrêté que par la nouvelle de la paix définitive.

4. Frédéric-Guillaume (1620-1688) a été surnommé le « grand électeur, » et a mérité ce titre par ses acquisitions, son gouvernement et le rôle considérable qu’il a joué en Europe.

5. Nimègue, place forte sur la rive gauche du Wahal, dans la province de Gueldre, aux Pays-Bas.

CHAPlTHli XIII.

arbitre. Il lit ses propositions, le 0 d’avril 1G78 ^, au milieu de ses conquêtes, et donna à ses ennemis jusqu’au 10 de mai pour les accepter. 11 accorda ensuite un délai de six semaines aux États-Généraux, qui le demandèrent avec soumission.

Son ambition ne se tournait plus alors du côté de la Hollande. Cette république avait été assez heureuse ou assez adroite pour ne paraître plus qu’anxiliaire dans une guerre entreprise pour sa ruine. L’Empire et l’Espagne, d’abord auxiliaires, étaient devenus les principales parties.

Le roi, dans les conditions qu’il imposa, favorisait le commerce des Hollandais^: il leur rendait Maëstriclit, et remettait aux Espagnols quelques villes qui devaient servir de barrières aux Provinces-Unies, comme Charleroi, Courtray, Oudenarde, Atb, Gand, Limbourg; mais il se réservait Bouchain, Condé, Ypres, Valenciennes, Cambrai, Maubeuge, Aire, Saint-Omer, Cassel, Charlemont, Poperinghe, Bailleul, etc.; ce qui faisait une bonne partie de la Flandre. H y ajoutait la Franche-Comté, qu’il avait deux fois conquise ; et ces deux provinces étaient un assez digne fruit de la guerre.

H ne voulait dans l’Allemagne que Fribourg ou Philipsbourg, et laissait le choix à l’Empereur. Il rétablissait dans Févêdié de Strasbourg et dans leurs terres les deux frères Furstemberg, que l’Empereur avait dépouillés, et dont Fun était en prison^.

H fut hautement le protecteur de la Suède, son alliée, et alliée malheureuse, contre le roi de Danemark et l’électeur de Brandebourg^. Il exigea que le Danemark rendît tout ce qu’il avait pris sur la Suède, qu’il modérât les droits de passage dans la mer Balti(iue que le duc de Holstein fût rétabli dans ses États, que le Brandebourg cédât la Poméranie qu’il avait conquise, que les traités de Westphalie fussent rétablis de point en point. Sa volonté était une loi d’un bout de l’Europe â l’autre. En vain l’électeur de Brandebourg lui écrivit la lettre la plus soumise.

1. La paix fat signée à Nimègue, le 11 août 1678, avec les Hollandais; le 17 septembre, avec l’Espagne.

2. Un révoquait le tarif de 1667, pour le remplacer par celui de 1664 ; le traité de commerce était avantageux aux Hollandais, qui faisaient le courtage maritime à meilleur marché.

3. Le prince de Furstemberg avait été arrêté à Cologne pendant les premières négociations, en violation du droit des gens. Son frère, le prince-

évêque de Strasbourg, fut également réintégré dans sa dignité.

4. La paix fut signée à Saint Germain avec l’électeur de Brandebourg, le 29 juin 1679; et à Fontainebleau, avec le roi de Danemark, le 2 septembre.

5. C’étaient les péages que tous les navires ont payés, jusque dans ces derniers temps, en traversant le passage du Sund.

l’appelaiil, Mün^üLyiieui\ selon l’usage, le coujiiiaiit de lui laisser ce qudl avait acquis, l’assurant de son zèle et de son service* : ses soumissions furent aussi inutiles que sa résistance, et il fallut que le vainqueur des Suédois rendît toutes ses conquêtes.

Alors les ambassadeurs de France prétendaient la main^ sur les électeurs. Celui de Brandebourg offrit tous les tempéraments pour traiter à Clèves avec le comte, depuis maréchal d’Estrades, ambassadeur auprès des États-Généraux. Le roi ne voulut jamais permettre qu’un homme qui le représentait cédât à un électeur, et le comte d’Estracles ne put traiter.

Cbarles-Quint avait mis Légalité entre les grands d’Espagne et les électeurs. Les pairs de France par conséquent la prétendaient^. On voit aujourd’hui à quel point les choses sont changées, puisque aux diètes de l’Empire les ambassadeurs d<\s électeurs sont traités comme ceux des rois.

Quant à la Lorraine, il offrait de rétablir le nouveau duc Charles V ; mais il voulut rester maître de Nancy et de tous les grands chemins.

Ces conditions furent fixées avec la hauteur d’un conquérant ; cependant elles n’étaient pas si outrées, qu’elles dussent désespérer ses ennemis, et les obliger à se réunir contre lui par un dernier effort ; il parlait à l’Europe en maître, et agissait en même temps en politique.

îi sut, aux conférences de Nimègue, semer la jalousie parmi les alliés. Les Hollandais s’empressèrent de signer, malgré le prince d’Orange, qui, à quelque prix que ce fût, voulait faire la guerre; ils disaient que les Espagnols étaient trop faibles pour les secourir s’ils ne signaient pas.

Les Espagnols, voyant que les Hollandais avaient accepté la paix, la reçurent aussi, disant que l’Empire ne faisait pas assez d’efforts pour la cause commune.

Enfin les Allemands, abandonnés de la Hollande et de l’Espagne, signèrent les derniers, en laissant Fribourg au roi, et confirmant les traités de Westphalie^.

Rien ne fut changé aux conditions prescrites par Louis XIV. Ses ennemis eurent beau faire des propositions outrées^ pour colorer leur faiblesse, l’Pdirope reçut de lui des lois et la paix.

J. Son service. — Ou emploie plus ordinairement le pluriel dans ce sens.

2. Prétendre la main, c’est prétendre la préséance, le premier rang; on dit dans le même sens prendre la main.

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