L’empereur signa la paix le 5 février
b. Voltaire emploie ici deux fois celte expression ; on se sert plus ordinairement du mot exagérées.
l’HÀHITKK Xin.
Il ii’y eul que le duc do Lorraine qui osa roluser l’acceplalioij d’un traité qui lui seinblait trop odieux. Il aima mieux êire un prince errant dans l’Empire qu’un souverain sans pouvoir et sans considération dans ses Élats ; il attendit sa fortune du temps et de son courage.
(10 auguste 1678) Dans le temps des conférences de Nimègue, et quatre jours après que les plénipotentiaires de France et de Hollande avaient signé la paix, le prince d’Orange fit voir combien Louis XIV avait en lui un ennemi dangereux. Le maréchal de Luxembourg, qui bloquait Mons, venait de recevoir la nouvelle de la paix. Il était tranquille dans le village de Saint- Denis S et dînait chez l’intendant de l’armée. (14 auguste) Le prince d’Orange, avec toutes ses troupes, fond sur le quartier du maréchal, le force, et engage un combat sanglant, long et opiniâtre, dont il espérait avec raison une victoire signalée ; car non-seulement il attaquait, ce qui est un avantage, mais il attaquait des troupes qui se reposaient sur la foi du traité. Le maréchal de Luxembourg eut beaucoup de peine à résister ; et s’il y eut quelque avantage dans ce combat, il fut du côté du prince d’Orange, puisque son infanterie demeura maîtresse du terrain où elle avait combattu.
Si les hommes ambitieux comptaient pour quelque chose le sang des autres hommes, le prince d’Orange n’eùt point donné ce combat. Il savait certainement que la paix était signée ^ ; il savait que cette paix était avantageuse à son pays : cependant il prodiguait sa vie et celle de plusieurs milliers d’hommes pour prémices d’une paix générale qu’il n’auraii pu empêcher, même en battant les Français. Cette action, pleine d’inhumanité non moins que de grandeur^, et plus admirée alors que blâmée, ne produisit pas un nouvel article de paix, et coûta, sans aucun fruit, la vie à deux mille Français et à autant d’ennemis. On vit dans cette paix combien les événements contredisent les projets.
1 . La Bruyère de Saint- Denis est à une lieue et demie de Mons. Luxembourg n’eut pas le désavantage, comme le dit Voltaire; il avait même ressaisi l’offensive sur tous les points, quand la nuit fit cesser le combat; chaque armée avait perdu quatre mille hommes environ. Pendant la nuit, Luxembourg, pour empêcher Guillaume de jeter des renforts dans Mons, se replia vers le quartier de Montai, qui gardait le blocus.
2. Suivant Sismondi, Guillaume aurait été calomnié par ses ennemis. 11
n’avait pas reçu la nouvelle officielle du traité, mais si l’on en croit les Mémoires de Gourville, il avoua plus tard qu’il n’ignorait pas la conclusion de la paix : a 11 avait cru que ce pouvait être une raison pour que M. do Luxembourg no fût pas sur ses gardes; il prendrait au moins une leçon qui pourrait lui servir une autre fois; et il avait considéré que, s’il perdait quelque monde, cela ne serait d’aucune conséquence, puisque aussi bien il fallait en réformer. »