Les Etats Scandinaves étaient plus
CHAPITKI^ XV.
protestants, fuyant la persécution de Louis, et emportant avec eux Iiors de France leur industrie et leur haine contre le roi, étaient de nouveaux ennemis qui allaicuit dans toute l’Europe exciter les puissances déjà animé(‘s à la guerre. Le roi était de tous côtés entouré d’ennemis, et n’avait d’ami que leioi Jacques.
Jacques, roi d’Angleterre, successeur de Charles II et catholique comme lui, était indigné devoir que tant de rois dans l’Europe étaient despotiques; que ceux de Suède et de Danemark^ le devenaient alors,* qu’enfin il ne restait plus dans le monde que la Pologne et l’Angleterre où la liberté des peuples subsistât avec la royauté. Louis XIV ^ l’encourageait à devenir absolu 3 chez lui. Il s’y prit si malheureusement qu’il ne fit que révolter tous les esprits. Il agit d’abord comme s’il fût venu à bout de ce qu’il avait envie de faire ; mettant en prison sept évêques anglicans, qu’il eût pu gagner^; ôtant les privilèges à la ville de Londres, à laquelle il devait plulôt en accorder de nouveaux; renversant avec hauteur les lois qu’il fallait saper en silence ; enfin se conduisant avec si peu de ménagement, que les cardinaux de Rome disaient en plaisantant, «qu’il fallait l’excommunier, comme un homme qui allait perdre le peu de catholicisme qui restait en Angleterre.» Le pape Innocent XI
ou moins engagés dans la Ligue et se trouvaient pour la première fois dans le même camp.
1. Frédéric ill de Danemark, dit Voltaire, reconnu, en 1661, par le clergé et le? bourgeois, pour souverain absolu, supérieur aux lois, [»ouvant les faire, les abroger, les négliger à sa volonté.
La noblesse fut obligée de se conformer aux vœux des deux autres ordres de l’Etat. Par cette étrange loi, les rois de Danemark ont été les seuls princes despotiques de droit; et ce qui est encore plus étrange, c’est que ni ce roi, ni ses successeurs n’en ont abusé que rarement. En Suède, Charles X voulut établir la puissance arbitraire, et son fils, Charles XI, l’établit.
2. Louis XIV ne voulait pas assurer aux Stuarts le pouvoir absolu; car rien ne pouvait lui être plus agréable que de voir le besoin qu’ils avaient de son aide. « Son but, dit Macaulay, n’était pas de détruire notre constitution, mais de tenir dans un état de conflit perpétuel les différents éléments dont elle est composée.... Pour cela il employait tour à tour la corruption et la menace à l’égard des deux partis, pensionnait
en même temps les ministres de la couronne et les chefs de l’opposition, excitait la cour dans la résistance aux empiétements du Parlement, et mettait le Parlement sur ses gardes contre les desseins arbitraires de la cour. De cette manière, il réussit à faire de l Angleterre, durant près de vingt ans, un membre aussi insignifiant du système politique de l’Europe que la république de Saint-Marin, n