‹ Sicle de Louis XIVChapitre 223 sur 447 · Le duc de Vendôme. — Voir la noie 1 de la page · texte numérisé non relu

Le duc de Vendôme. — Voir la noie 1 de la page

2. Génie est encore ici dans le sens de caractère, esprit naturel.

3. Vendôme laissait les fournisseurs voler à pleines mains : aucun soin des

soldats, les vivres détestables, les blessés manquant de tout; aussi l’Italie dévorait de quinze à vingt mille homm s par an. (Mémoires de Louville.)

4. Luzzara est une petite ville du Modénais, au nord-est de Guastalla,

quelle les Te Deum furent chantés à Vienne et à Paris. Vendôme était vainqueur toutes les fois qu’il n’avait pas affaire au prince Eugène en personne; mais, dès qu’il le retrouvait en tête, la France n’avait plus aucun avantage ^

(Janvier 1703) Au milieu de ces combats et de sièges de tant de châteaux et de petites villes, des nouvelles secrètes arrivent à Versailles que le duc de Savoie, petit-fils d’une sœur de Louis XIII 2, beau-père du duc de Bourgogne, beau-père de Philippe V, va quitter les Bourbons, et marchande l’appui de l’Empereur. Tout le monde est surpris qu’il abandonne à la fois ses deux gendres, et même, à ce qu’on croit, ses véritables intérêts. Mais l’Empereur lui promettait tout ce que ses gendres lui avaient refusé : le Montferrat-Mantouan, Alexandrie, Valence, le pays entre le Pô et le Tanaro, et plus d’argent que la France ne lui en donnait Cet argent devait être fourni par l’Angleterre; car l’empereur en avait à peine pour soudoyer ses armées. L’Angleterre, la plus riche des alliés, contribuait plus qu’eux tous pour la cause commune. Si le duc de Savoie consulta peu les j lois des nations et celles de la nature, c’est une question de mo- t raie, laquelle se mêle peu de la conduite des souverains. L’évé- j nement seul a fait voir à la fin qu’il ne manqua pas, au moins dans son traité, aux lois de la politique ; mais il y manqua dans un autre point bien essentiel : ce fut en laissant ses troupes à la merci des Français, tandis qu’il traitait avec l’Empereur. (19 -

auguste 1703) Le duc de Vendôme les fit désarmer. Elles n’é- \

taient à la vérité que de cinq mille hommes : mais ce n’était pas un petit objet pour le duc de Savoie. f

A peine la maison de Bourbon a-t-elle perdu cet allié, qu’elle ?

sur le Pô, au-dessus de son confluent avec rOgîio.

1. Eugène, qui avait bien choisi son champ de bataille, vint assaillir l’armée franco-espagnole en marche, et la compromit d’abord ; Vendôme, bien secondé par ses soldats, reprit l’avantage. Mais Eugène était si bien retranché le lendemain qu’on ne crut pas pouvoir l’attaquer. Cependant Luzzara se rendit le 17 août.

2. Il était petit-fils de Christine de France, fille de Henri IV.

3. Il faut se rappeler que les Espagnols avaient appelé Philippe V au trône, pour conserver l’intégrité de leur monarchie; cependant il y avait des concessions qu il aurait été prudent de

faire ; le duc de Savoie, pressé entre la v France et le Milanais espagnol, avait i besoin de sérieuses garanties. En ne 1 voulant rien céder, on s’exposait à perdre beaucoup, et c’est ce qui arriva :

Louis XIV avait fait espérer au duc le .

Milanais en échange de la Savoie et de 4

Nice; mais il craignit de mécontenter ^

les Espagnols. L’Empereur (janvier I

1703) lui promit le Montferrat qu’on '

enlèverait au duc de Mantoue, Alexan- î

drie, Valenza, la Lomelline, le Val de 1

Sesia, Louis XIV, averti, donna l’ordre I

à Vendôme de désarmer les trois mille fl

Piémontais qui servaient dans notre 1

armée. Le duc refusa de livrer Turin J

et Suze, fit arrêter les Français dans t

ses Etats, et signa son alliance avec l’Empereur (25 octobre 1703).

Page 1