‹ Sicle de Louis XIVChapitre 23 sur 447 · Voltaire a dit dans sa tragédie de Brutus · texte numérisé non relu

Voltaire a dit dans sa tragédie de Brutus

L’ambassadeur d’un roi m’est toujours [redoutable;

Ce n’est qu’ua ennemi sous un tdre [honorable, j

Qui vient rempli d’orgueil ou de dex- [térité,

Insulter ou trahir avec impunité.

Brutus, acte I«L

3. Prêt de. — On trouve de nombreux exemples de cette locution, qui n’ést plus'usitée. On d\i prêt à, disposé à {paratus ad), et py^ès de, sur le point de.

4. Charles-Quint, roi d’Espagne, en 1516, empereur d'Allemagne en 1518, abdiqua en 1555-1556 et mouruten 1558.

Alors la maison d’Autriche se divisa eri deux branches : la branche aînée ou es* pagnole, avec Philippe II, fils de Charles, eut l’Espagne, les deux Siciles, le Milanais, les Pays-Bas et l’Amérique ; et la branche allemande eut, avec Ferdinand frère et successeur de l’empereur, les possessions allemandes de la maison d’Autriche, et les deux royaumes de Br)hême et de Hongrie.

5. En effet, la couronne impériale était élective en droit; mais en fait, elle appartint toujours à des princes de la maison d’Autriche, qui la considéraient presque comme leur patrimoine depuis le milieu du xv® siècle.

uu seul chef de cette maisou, il est à croire que TEurope lui aurait eufm été asservie.

DE l’ ALLEMAGNE.

L’empire d’Allemagne est le plus puissant voisin qu’ait la France : il est d’une plus grande étendue, moins riche peut-être en argent, mais plus fécond en hommes robustes et patients dans le travail. La nation allemande est gouvernée, peu s’en faut, comme l’était la France sous les premiers rois Capétiens, qui étaient des chefs, souvent mal obéis, de plusieurs grands vassaux et d’un grand nombre de petits. Aujourd’hui soixante villes libres, et qu’on nomme impériales environ autant de souverains séculiers, près de quarante princes ecclésiastiques, soit abbés, soit évêques, neuf électeurs, parmi lesquels on peut compter aujourd’hui quatre rois enfin l’empereur, chef de tous ces potentats, composent ce grand corps germanique, que le flegme allemand a fait subsister jusqu’à nos jours, avec presque autant d’ordre qu’il y avait autrefois de confusion dans le gouvernement français

Chaque membre de l’Empire a ses droits, ses privilèges, ses obligations; et la connaissance difficile de tant de lois, souvent contestées, fait ce que l’on appelle en Allemagne Y étude dit droit public, pour laquelle la nation germanique est si renommée.

L’empereur, par lui-même, ne serait guère à la vérité plus puissant ni plus riche qu’un doge de Venise. Vous savez que l’Allemagne, partagée en villes et en principautés, ne laisse au chef de tant d’Etats que la prééminence avec d’extrêmes ^ honneurs, sans domaines, sans argent, et par conséquent sans pouvoir. Il ne possède pas, à titre d’empereur, un seul village. Cependant cette dignité, souvent aussi vaine que suprême, était

1. Ces villes libres ou impériales, qui ne relevaient que de l’empereur, se gouvernaient par leurs propres lois et leurs magislrats, comme de véritables républiques.

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