CHAPITRE XX
rarcliiduc Charles attendaient tous deux la couronne : le premier de la puissance de son grand-père et de la bonne volonté de la plupart des Espagnols; le second, du secours des Anglais et des partisans qu’il avait en Catalogne et en Aragon. Cet archiduc, depuis Empereur, et alors second fils de l’empereur Léopold, n’ayant rien que ce titre, était allé sur la fin de 1703, presque sans suite, à Londres, implorer l’appui de la reine Anne ^
Alors parut toute la puissance des Anglais. Cette nation, si étrangère dans cette querelle, fournit au prince autrichien deux cents vaisseaux de transport, trente vaisseaux de guerre joints à dix vaisseaux hollandais, neuf mille hommes de troupes, et de l’argent pour aller conquérir un royaume. Mais cette supériorité I que donnent le pouvoir et les bienfaits n’empêchait pas que l’Empereur, dans sa lettre à la reine Anne, présentée par l'archiduc, ne refusât à cette souveraine, sa bienfaitrice, le titre de Majesté : on ne la traitait que de Sérénité^^ selon le style de la cour de Vienne, que l’usage seul pouvait justifier, et que la raison a fait changer, quand la fierté a plié sous la ' nécessité.