‹ Sicle de Louis XIVChapitre 243 sur 447 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

cents blessés à riiumanité du comte Péterborougli. Toutes ces perles étaient grandes : on ne savait s’il en avait plus coûté auparavant à la France pour vaincre l’Espagne qu’il lui on coûtait alors pour la secourir. Toutefois le petit-fils de Louis XIV se soutenait par l’affection de la nation castillane, qui met son orgueil à être fidèle, et qui persistait dans son choix.

Les affaires allaient bien en Italie. Louis XIV était vengé du duc de Savoie. Le duc de Vendôme avait d’abord repoussé avec gloire le prince Eugène, à la journée de Cassano \ près de l’Adda (16 auguste 1705) : journée sanglante, et l’une de cea batailles indécises pour lesquelles on chante des deux côtés des Te Deum, mais qui ne servent qu’à la destruction des hommes, sans avancer les affaires d’aucun partit. (19 avril 1706) Après la bataille de Cassano, il avait gagné pleinement celle de Calcinato en l’absence du prince Eugène*; et ce prince étant arrivé le lendemain de la bataille avait vu encore un détachement de ses troupes entièrement défait. Enfin les alliés étaient obligés de céder tout le terrain au duc de Vendôme. Il ne restait plus guère que Turin à prendre. On allait l’investir : il ne paraissait pas possible qu’on le secourût. Le maréchal de Villars, vers l’Allemagne, poussait le prince de Bade. Villeroi commandait en Flandre une armée de quatre-vingt mille hommes, et il se flattait de réparer contre Marlborough le malheur qu’il avait essuyé en combattant le prince Eugène. Son trop de confiance en ses propres lumières fut plus que jamais funeste à la France.

Près de la Méhaigne et vers les sources de la petite Ghetle

d’artillerie, cent cinquante milliers de poudre, trente mille sacs de farine, etc. Saint-Simon accuse surtout de ce revers les ingénieurs et les officiers incapables de l’artillerie.

1. Cassano, dans le Milanais, importante par son pont sur l’Adda, célèbre par les deux batailles de 1705 et de 1799.

2. Vendôme répara, par sa présence d’esprit, son activité, l’élan admirable qu’il sut imprimer à nos soldats, les fautes nombreuses commises par la négligence et l’incapacité de son frère, le grand-prieur. A Cassano, la bataille semblait presque perdue, lorsque, Tépée à la main, il se mit à la tète de l’aile gauche, reprit le pont et repoussa l’ennemi au delà des canaux. Eugène fit sonner la retraite.

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