I C’était à la vérité un comte de
Revontlau, né en Danemark, qui commandait au combat de Calcinato; mais il n’y avait que des troupes impériales.
« La Beaumelle dit à ce sujet dans ses Notes sur l’Histoire du Siècle de Louis XIV, que « les Danois ne valent pas mieux ailleurs que chez eux. » U faut avouer que c’est une chose rare de voir un tel homme outrager ainsi toutes les nations. (Note de Voltaire.)
4. Calcinato, sur la rive gauche de la Chiese, affluent de l’Oglio, célèbre par deux victoires des Français en 1706 et en 1796.
5. La Méhaigne, affluent de la riva gauche de la Meuse, se jette vis-à-vis Huy.
6. La petite Guette et la grande Ghette réunies se jettent dans la Demer, affluent de la Dyle.
le maréchal de Villcroi avait campé son armée. Le centre était à Ramillics, village devenu aussi fameux qu’Hochstedt L II eût pu éviter la bataillle. Les officiers généraux lui conseillaient ce parti ; mais le désir aveugle de la gloire l’emporta^. (23 mai 1706) 11 fit, à ce qu’on prétend, la disposition^ de manière qu’il n’y avait pas un homme d’expérience qui ne prévît le mauvais succès. Des troupes de recrue, ni disciplinées, ni complètes, étaient au centre ; il laissa les bagages entre les lignes de son armée ; il posta sa gauche derrière un marais, comme s’il eût voulu rempêcher d’aller à l’ennemi
Marlborough, qui remarquait toutes ces fautes, arrange son armée pour en profiter. Il voit que la gauche de l’armée française ne peut aller attaquer sa droite; il dégarnit aussitôt cette droite pour fondre vers Ramillies avec un nombre supérieur. M. de Gassiou, lieutenant général, qui voit ce mouvement des ennemis, crie au maréchal : « Vous êtes perdu, si vous ne changez votre ordre de bataille. Dégarnissez votre gauche, pour vous opposer à l’ennemi à nombre égal. Faites rapprocher vos lignes davantage. Si vous tardez un moment, il n’y a plus de ressources. )) Plusieurs officiers appuyèrent ce conseil salutaire. Le maréchal ne les crut pas. Marlborough attaque. Il avait alfaire à des ennemis rangés en bataille, comme il les eût voulu poster lui-même pour les vaincre. Voilà ce que toute la France a dit, et l’histoire est en partie le récit des opinions des hommes : mais ne devait-on pas dire aussi que les troupes des alliés étaient mieux diciplinées, que leur confiance en leurs chefs et en leurs succès passés leur inspirait plus d’audace ? N’y eut-il pas des régiments français qui firent mal leur devoir ? Lt les bataillons les plus inébranlables au feu ne font-ils pas la destinée des États ? L’armée française ne résista pas une demi-heure On s’était battu près de huit heures à Hochstedt, et on avait tué près de huit mille hommes aux vainqueurs ; mais à la journée de Ramillies, on ne leur en tua pas deux mille
1 . Ramillies, dans le Brabant belge, entre les bassins de l’Escaut et de la Meuse, que séparent les collines de Belgique.
2. Le roi ordonna à Villeroi de reprendre Leau (Leewe), et de livrer bataille si l’ennemi voulait s’y opposer.
3. On dit plus ordinairement : Faire ou prendre ses disposüions.
4. Voyez les Mémoires de Feuquières (Note de Voltaire). Saint-Simon (lit qu’il se porta dans un terrain où
feu M. de Luxembourg n’avait jamais voulu s’exposer à combattre. « Toute notre gauche, ajoute-t-il, resta inutile, le nez dans ce marais et personne visà-vis d’elle, sans bouger de ce poste. »
5. La lutte fut plus longue ; le duc de Guiche, à la tète du régiment des gardes, se défendit pendant quatre heures dans Ramillies. La cavalerie bavaroise et wallonne avait refusé de soutenir la cavalerie française, qui formait la première ligne delà droite.