‹ Sicle de Louis XIVChapitre 257 sur 447 · Provisions. Voir la note 1 de la page · texte numérisé non relu

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3. « Entre autres Reboulet, page 233 du tome VIII. Il fonde ses soupçons

sur ceux du chevalier de Forbin. Celui qui a donné au public tant de mensonges, sous le titre de Mémoires de de Maintenons et qui fit imprimer, en 1752, à Francfort, une édition frauduleuse du Siècle de Louis XIY, demande, dans une de ses notes, qui sont ces historiens qui ont prétendu que la reine Anne était d’intelligence avec son frère. C’est un fantôme, dit-il. Mais on voit ici clairement que ce n’est point un fantôme, et que l’auteur du Siècle de Louis XIV n’avait rien avancé que la preuve en main : il n’est pas permis d’écrire l’histoire autrement. » (Note de Voltaire.)

voulait les rendre heureux. Instruit dans l’art de la guerre, il regardait cet art plutôt comme le fléau du genre humain et comme une nécessité malheureuse, que comme une source de véritable gloire. On opposa ce prince philosophe au duc de Mcirlborough : on lui donna pour l’aider le duc de Vendôme ^ Il arriva ce qu’on ne voit que trop souvent : le grand capitaine ne fut pas assez écouté, et le conseil du prince balança souvent les raisons du général. Il se forma deux partis; et dans l’armée des alliés il n’y en avait qu’un, celui de la cause commune. Le prince Eugène était alors sur le Rhin ^ ; mais toutes les fois qu’il fut avec Marlborough, ils n’eurent jamais qu’un sentiment.

Le duc de Bourgogne était supérieur en force : la France, que l’Europe croyait épuisée, lui avait fourni une armée de près de cent mille hommes, et les alliés n’en avaient alors que quatrevingt mille. Il avait encore l’avantage des négociations dans un pays si longtemps espagnol, fatigué de garnisons hollandaises, et où beaucoup de citoyens penchaient pour Philippe V. Des intelligences lui ouvrirent les portes de Gand et d’Ypres ® ; mais les manœuvres de guerre firent évanouir le fruit des manœuvres de politique. La division, qui mettait de l’incertilude dans le conseil de guerre^, fit que d’abord on marcha vers la Dendre^, et que deux heures après on rebroussa vers l’Escaut, à Oudenarde : ainsi on perdit du temps. On trouva le prince Eugène et Marlborough qui n’en perdaient point, et qui étaient unis. (11 juillet 1708) On fut mis en déroute vers Oudenarde : ce n’était pas une grande bataille, mais ce fut une fatale retraite®. Les fautes se

1. Rien n’était plus opposé que le caractère de ces deux princes; Vendôme , dont Voltaire a , plus haut (page 240), dessiné le portrait, était, comme dit Saint-Simon, « hardi, audacieux, avantageux, impudent, méprisant tout, incapable de contrainte, de retenue, de respect... âcre et intraitable à la dispute, » et surtout d'un lionteux cynisme, qui seul aurait terni ses qualités militaires. Le duc de Bourgogne était réservé, chaste, dévot, circonspect ; d’une intelligence droite , éclairée, mais moins ferme qu’étendue ; « le feu et l’eau n’étaient pas plus différents et plus incompatibles que l’étaient Monseigneur le duc de Bourgogne et M. de Vendôme, » comme le disait avec raison Saint-Simon au duc de Beauvilliers.

2. Mais il n’y resta pas longtemps ; après avoir médité l’attaque de la France par le Rhin et la Moselle, il

renouvela avec Marlborough la grande manœuvre de Hochstedt. Eugène laissa l’électeur de Hanovre derrière les lignes d’Eslingen, puis il marcha vers la Belgique pour se réunir au général anglais.

3. Gand et Bruges ouvrirent leurs portes, mais on ne put enlever Oudenarde.

4. Vendôme voulait défendre le passage de la Dender ; le duc de Bourgogne, l’Escaut seulement; puis Vendôme perdit toute une journée en marchant vers Oudenarde.

5. La Dendre ou Dender se forme au nord de Mons par la réunion de deux ruisseaux, passe à Ath, à Alost, et se jette dans l’Escaut à Dendermonde.

6. La nuit venue, les pertes étaient à peu près égales; Vendôme insista énergiquement pour renouveler le combat le lendemain ; mais comme la cou-

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