CHAPITRE XXÏII. :JI
On donnait, par ce traité, an duc de Savoie, l’ile de Sicile, avec le titre de roi^ ; et dans le continent l‘\‘nestrelle, Exillcs et la vallée de Pragelas^. Ainsi on prenait pour l’agrandir sur la maison de Bourbon.
On donnait aux Hollandais une barrière considérable qu’ils avaient toujours désirée^; et si l’on dépouillait la maison de France de quelques domaines en faveur du duc de Savoie, on prenait en effet sur la maison d’Autridie de quoi salisfaire les Hollandais, qui devaient devenir à ses dépens les conservateurs et les maîtres des plus fortes villes de Flandre. On avait égard aux intérêts de la Hollande dans le commerce ; on stipulait ceux du Portugal.
On réservait à l’Empereur la souveraineté des huit provinces et demie de la Flandre espagnole^, et le domaine utile® des villes de la barrière. On lui assurait le royaume de Naples et la Sardaigne, avec tout ce qu’il possédait en Lombardie, et les quatre ports sur les côtes de la Toscane’'^. Mais le conseil de Vienne se croyait trop lésé et ne pouvait souscrire à ces conditions.
A l’égard de l’Angleterre, sa gloire et ses intérêts étaient en sûreté. Elle faisait démolir et combler le port de Dunkerque, objet de tant de jalousies. L’Espagne la laissait en possession de Gibraltar et de l’île Minorque. La France lui abandonnait la baie d’Hudson, l’île de Terre-Neuve et l’Acadie®. Elle obtenait pour le commerce en Amérique, des droits qu’on ne donnait pas aux Français, qui avaient placé Philippe V sur le trône^. Il faut
5. On donnait quelquefois par extension le nom de Flandre à toutes les provinces des Pays-Bas espagnols.