‹ Sicle de Louis XIVChapitre 284 sur 447 · Dans l'Abrégé chronologique du président Hesnault · texte numérisé non relu

Dans l'Abrégé chronologique du président Hesnault

3. «Jamais le lord Stair ne parla an roi qu’en présence du secrétaire d’Etat Torcy, qui a dit n’avoir jamais entendu un discours si déplacé. Ce discours aurait été bien humiliant pour Louis XIV, quand il fit cesser les ouvrages de Mardyck.» (Note de Voltaire.)

pas encore de toute l’Espagne ; il lui resta la Catalogne à soumettre, ainsi que les lies de Majorque et d’Iviça.

II faut savoir que l’empereur Charles VI, ayant laissé sa femme à Barcelone, ne pouvant soutenir la guerre d’Espagne, et ne voulant ni céder ses droits ni accepter la paix d’Utreclit, était cependant convenu alors avec la reine Anne que l’impératrice et ses troupes, devenues inutiles en Catalogne, seraient transportées sur des vaisseaux anglais. En effet, la Catalogne avait été évacuée ; et Slaremberg en partant, s’était démis de son titre de vice-roi. Mais il laissa toutes les semences d’une guerre civile, et l’espérance d’un prompt secours de la part de l’Empereur et même de l’Angleterre. Ceux qui avaient alors le plus de crédit dans cette province se flattèrent qu’ils pourraient former une république sous une protection étrangère, et que le roi d’Espagne ne serait pas assez fort pour les conquérir. Ils déployèrent alors ce caractère que Tacite leur attribuait il y a si longtemps : (( Nation intrépide, dit-il, qui compte la vie pour rien quand elle ne l’emploie pas à combattre. »

La Catalogne est un des pays les plus fertiles de la terre et des plus heureusement situés. Autant arrosée de belles rivières, de ruisseaux et de fontaines, que la Vieille et la Nouvelle Castille en sont dénuées, elle produit tout ce qui est nécessaire aux besoins de l’homme, et tout ce qui peut flatter ses désirs, en arbres, en blés, en fruits, en légumes de toute espèce. Barcelone est un des beaux ports de l’Europe, et le pays fournit tout pour la construction des navires. Ses montagnes sont remplies de carrières de marbre, de jaspe, de cristal de roche; on y trouve même beaucoup de pierres précieuses. Les mines de fer, d’étain, de plomb, d’alun, de vitriol, y sont abondantes; la côte orientale produit du corail. La Catalogne enfin peut se passer de l’univers entier, et ses voisins ne peuvent se passer d’elle.

Loin que l’abondance et les délices aient amolli les habitants, ils ont toujours été guerriers, et les montagnards surtout ont été féroces. Mais, malgré leur valeur et leur amour extrême pour la liberté, ils ont été subjugués dans tous les temps : les Romains, les Goths, les Vandales, les Sarrasins, les conquirent.

Ils secouèrent le joug des Sarrasins, et se mirent sous la protection de Charlemagne. Ils appartinrent à la maison d’Aragon, et ensuite à celle d’Autriche.

Nous avons vu ^ que sous Philippe IV, poussés à bout par le

1. «Dans V Essai sur les Mœurs, chapitre clxxvii.» (Note de Voltaire.)

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