CHAPITRE XXIV
que le sang de ses partisans coulait en Angleterre sur les échafauds ^
La puissance de la Russie s’affermissait chaque jour dans le Nord, et cette création d’un nouveau peuple et d’un nouvel empire était encore trop ignorée en France, en Italie et en Espagne
La Suède, ancienne alliée de la France, et autrefois la terreur de la maison d’Autriche, ne pouvait plus se défendre contre les Russes, et il ne restait à Charles XII que de la gloire
Un simple électorat d’Allemagne commençait à devenir une puissance prépondérante. Le second roi de Prusse, électeur de Brandebourg, avec de l’économie et une armée, jetait les fondements d’une puissance jusque-là inconnue^.
La Hollande jouissait encore de la considération quelle avait acquise dans la dernière guerre contre Louis XIV ; mais le poids qu’elle mettait dans la balance devint toujours moins considérable ^ L’Angleterre, agitée de troubles dans les premières années du règne d’un électeur de Hanovre, conserva toute sa force et toute son influence®. Les États de la maison d’Autriche languirent sous Charles VI, mais la plupart des princes de l’Empire firent fleurir leurs États. L’Espagne respira sous Philippe V, qui devait son trône à Louis XIV. L’Italie fut tranquille jusqu’à l’année 1717.
1. Ce résumé, qui termine le règne politique de Louis XIV, est bien incomplet et bien faible, il faut l’avouer. L’état de l’Europe est à peine indiqué ; il n’y a pas un mot sur l’état de la France, pas une ligne d’appréciation générale sur le règne qui finit.
2. C’est l’époque où Pierre le Grand, vainqueur de Charles XII et réformateur ilespote de ses sujets barbares, fonde la puissance de la Russie, qui désormais domine la Pologne et remplace, mais avec bien plus de grandeur, l’influence suédoise dans le Nord, et bientôt dans toute l’Europe.
3. Le gouvernement de Louis XIV ne vit pas avec indifférence les révolutions du Nord ; il envoya des secours d’argent aux généraux suédois qui luttaient encore en Poméranie ; lorsque Charles XIII revint de Turquie, il lui promit un subside annuel do 1,800,000 livres pendant trois ans.
4. Le second roi de Prusse, Frédéric- Guillaume pr (1713-1740), le Roi sergent, comme on l’a surnommé, poussa l’économie jusqu’à l’avarice, mais réunit avec le plus grand soin une armée de 80,000 hommes : il a préparé la puissance de la Prusse sous son fils Frédéric II.
0. La Hollande avait obtenu la ligne de défense qu’elle convoitait depuis si longtemps ; mais elle s’était épuisée dans cette lutte, au profit de l’Angleterre ; la politique de Heinsius était une politique de vengeance qui avait préparé la décadence prochaine de son pays.
6. L'Angleterre est désormais la grande puissance maritime, sans rivale ; elle exerce une immense influence sur le continent par sa politique et par ses subsides ; c’est le pays prépondéranl en Europe au xviiP siècle,