‹ Sicle de Louis XIVChapitre 306 sur 447 · Arrêté le 5 septembre 1661, Fou · texte numérisé non relu

Arrêté le 5 septembre 1661, Fou

nemeiit odieux du chancelier Séguier contre lui, le temps qui éteint l’envie publique et qui inspire la compassion pour les niallicureux S enfin les sollicitations, toujours plus vives en faveur d’un infortuné que les manœuvres pour le perdre ne sont pressantes, tout cela lui sauva la vie. Le procès ne fut jugé qu’au bout de trois ans, en 1 664. De vingt-deux juges qui opinèrent, il n’y en eut que neuf qui conclurent à la mort ; et les treize autres^, parmi lesquels il yen avait à qui Gourville avait fait accepter des présents, opinèrent à un banissement perpétuel. Le roi commua la peine en une plus dure. Cette sévérité n’était conforme ni aux anciennes lois du royaume, ni à celles de l’humanité^. Ce qui révolta le plus l’esprit des citoyens, c’est que le chancelier fit exiler l’un des juges, nommé Roquesante, qui avait le plus déterminé la chambre de justice à l’indulgence^. Fouquet fut enfermé au château de Pignerol. Tous les historiens disent qu’il y mourut en 1680 ; mais Gourville assure, dans ses Mémoires, qu’il sortit de prison quelque temps avant sa mort ^ La comtesse de Vaux, sa belle-fille, m’avait déjà confirmé ce fait ; cependant on croit le contraire dans sa famille. Ainsi on ne sait pas où est mort cet infortuné, dont les moindres actions avaient de l’éclat quand il était puissant.

Le secrétaire d’État Guénégaud, qui vendit sa charge à Colbert, n’en fut pas moins poursuivi parla chambre de justice, qui lui. ôta la plus grande partie de sa fortune.

quel ne comparut devant la Chambre de justice que le 14 novembre 1664. Mais on ne peut accuser le gouvernement de la longueur du procès, que Louis XIV et Colbert pressaient au contraire avec une ardeur qu’on a appelée de l’acharnément.

1. On a dit avec raison que la mauvaise cause était celle de Fouquet et du parti trop nombreux qui usait de tous les moyens et de toutes les influences pour emporter un acquittement qui eût été une défaite morale et un scandale public. La mauvaise cause était celle qui égarait M®® de Sévigné elle-même hors des voies de la vérité, quand elle voyait dans Fouquet la victime d’une intrigue ambitieuse et dans Colbert un persécuteur cédant à d’étroites passions de vengeance.

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