Voir plus haut, page 352, note
6. Préposées à la garde du roi, depuis Louis XI, qui les institua en 1478, ces compagnies étaient ainsi nommées de ce qu’elles avaient pour arme une hallebarde ou pertuisane dont le fer ressemblait à un bec de corbeau.
7. En 1669, Louis XIV promit à Lauzun la charge de grand maître de l’artilllerie; Louvois fit ajourner la nomination. Alors Lauzun somma audacieusement le roi de tenir sa parole, puis, tirant son épée, il en brisa la lame avec le pied, s’écriant qu’il ne servirait de sa vie un prince qui lui manquait si vilainement de parole. Le roi, transporte de colère, ouvre la fenêtre, et jette sa
Madomoiselle donnait tous ses biens, estimés vingt millions, ] au comte de Lauzun, quatre duchés, la souveraineté de Dombes, \ le comté d’Eu, le palais d’Orléans qu’on nomme le Luxembourg. X (1670) Elle ne se réservait rien, abandonnée tout entière à l’idée | flatteuse de faire à ce qu’elle aimait une plus grande fortune j qu’aucun roi n’en a fait à aucun sujet. Le contrat était dressé ^ . \
Lauzun fut un jour duc de Montpensier. Il ne manquait plus que \ la signature. Tout était prêt, lorsque le roi, assailli par les repré- i sentations des princes, des ministres, des ennemis d’un homme trop heureux, retira sa parole et défendit cette alliance II avait écrit aux cours étrangères pour annoncer le mariage ; il écrivit i la rupture. On le blâma de l’avoir permis; on le blâma de l’avoir défendu. Il pleura de rendre Mademoiselle malheureuse; mais ce prince, qui s’était attendri en lui manquant de parole, fit enfermer Lauzun, en novembre 1671, au château de Pignerol, pour avoir épousé en secret la princesse qu’il lui avait permis, quelques mois auparavant, d’épouser en public Il fut enfermé dix années entières. Il y a plus d’un royaume où un monarque n’a pas cette puissance : ceux qui l’ont sont plus chéris quand ils ii’cn font pas d’usage. Le citoyen qui n’offense point les lois de l’État doit-il être puni si sévèrement par celui qui représente l’Etat? N’y a-t-il pas une très-grande différence entre déplaire à son souverain et trahir son souverain ? Un roi doit-il traiter un homme plus durement que la loi ne le traiterait^ ?
Ceux qui ont écrit ^ que de Monte.span, après avoir empêché le mariage, irritée contre le comte de Lauzun qui écla-
camie, en disant qu’il aurait trop de regret d’avoir frappé un gentilhomme.
Lauzun fut conduit à la Bastille, puis nommé capitaine des gardes du corps.
1. Le roi, à la suite d’une démarche collective de plusieurs nobles, M. de Montausier en tète, accorda la permission du mariage. Il fut décidé le 15 décembre 1670. Malgré les conseils pressants de ses amis, Lauzun eut l’imprudence de remettre à quelques jours la célébration de ce mariage. Louis XIV retira sa permission le 18 décembre.
2. Les instances de Monsieur et du prince de Condé, blessés de cette mésalliance, obtinrent du roi cette décision, malgré les larmes de la princesse.
3. Mademoiselle, qui parle avec larmes de ce second emprisonnement, n’en laisse pas soupçonner la cause. Ce ne peut être pour avoir désobéi aux ordres du roi en épousant la princesse en secret. Ce mariage, s’il eut lieu, ne se fit
qu’après que Lauzun fut sorti de Pignerol. Il est probable que les ennemis de Lauzun, irrités de sa hauteur et de ses sarcasmes, s’efforcèrent de le perdre auprès de Louis XIV ; il fut surtout décidé par Louvois et M“*« de Montespan qui avaient à se plaindre de Lauzun.
4. 11 fut enfermé sans jugement, en vertu de l’autorité souveraine et arbitraire qui, en certains cas, non définis, appartenait alors au roi; droit excessif, dit M. le duc de Noailles, qu’une civilisation plus conforme à la liberté et à la dignité humaine devait abolir.
5. « L’origine de cette imputation, qu’on trouve dans tant d’historiens, vient du Segraisiana. C’est un recueil posthume de quelques conversations de Segrais, presque toutes falsifiées. Il est plein de contradictions , et l’on sait qu’aucun de ces ana ne mérite do créance. » (Note de Voltaire.)