‹ Sicle de Louis XIVChapitre 330 sur 447 · Les Mémoires donnés sous le · texte numérisé non relu

Les Mémoires donnés sous le

nom de de Maintenon rapportent qu’elle dit à M™« de Montespan, en parlant de ses rêves : « J'ai rêvé que » nous étions sur le grand escalier de » Versailles : je montais, vous descen- » diez ; je m’élevais jusqu’aux nues, » vous allâtes à Fontevrault. » Ce conte est renouvelé d’après le fameux duc d’Epernon, qui rencontra le cardinal de Richelieu sur l’escalier du Louvre, l’année 1624. Le cardinal lui demanda s’il n’y avait rien de nouveau. « Non, « lui dit le duc, sinon que vous montez, « et je descends. » Ce conte est gâté en ajoutant que d’un escalier on s’éleva jusqu’aux nues. Il faut remarquer que dans presque tous les livres d’anecdotes, dans les ana, on attribue presque toujours à ceux qu’on fait parler des choses dites un siècle et même plusieurs siècles auparavant. » (Note de Voltaire.)

4. Mademoiselle de Nantes épousa en mai 1685 le duc de Bourbon, petitfils du grand Condé.

demoiselle de Blois avec le duc de Chartres S que nous avons vu depuis régent du royaume; et le duc du Maine à Louise- Bénédicte de Bom'bon, petite-fille du grand Condé et sœur de Monsieur le Duc, princesse célèbre par son esprit et par le goût des arts 2. Ceux qui ont seulement approché du Palais-Royal et de Sceaux savent combien sont faux tous les bruits populaires recueillis dans tant ddiistoires concernant ces mariages^.

(1685) Avant la célébration du mariage de Monsieur le Duc avec Mademoiselle de rsantes, le marquis de Seignelay, à cette occasion, donna au roi une fête digne de ce monarque, dans les jardins de Sceaux, plantés par le Nôtre avec autant de goût que ceux de Versailles On y exécuta l’idylle de la paix, composée par Racine. Il y eut dans Versailles un nouveau carrousel, et après le mariage le roi étala une magnificence singulière, dont le cardinal Mazarin avait donné la première idée en 1656. On établit dans le salon de Mari y quatre boutiques remplies de ce que l’industrie des ouvriers de Paris avait produit de plus riche et de plus recherché. Ces quatre boutiques étaient autant de

1. Le mariage du duc de Chartres eut lieu le 18 février 1692 ; le roi lui doima alors le Palais-Royal. Malgré les dénégations de Voltaire, il paraît bien certain que le roi imposa ce mariage à la faiblesse de son frère ; qu’on eut recours aux princes de Lorraine et à l’abbé Dubois, précepteur du duc de Chartres, pour vaincre les hésitations du père et du fils, et que la princesse Charlotte d'Orléans fut indignée de cette mésalliance. Saint-Simon a raconté avec une verve admirable les scènes dont il fut alors le témoin :

I Madame vint dans la galerie, dit-il ; Monsieur, son fils, s’approcha d'elle, comme il faisait tous les jours, pour lui baiser la main. En ce moment Madame lui appliqua un soufflet si sonore, qu’il fut entendu de quelques pas, et qui, en présence de toute la cour, couvrit de confusion ce pauvre prince, et combla les infinis spectateurs , dont j'étais, d'un prodigieux étonnement. »

O On ne peut s’imaginer, dit le marquis de Sourches, quel fut le désespoir de Madame; il était si grand quelle ne songea pas à le cacher... On disait même qu’elle lui avait donné un soufflet. »

2. Leduc du Maine épousa mademoiselle de Charolais, fille de M. le Prince, le 19 mars 1692. ■ M. le Prince, dit Saint-Simon, en eut une joie extrême, li voyait croître de jour en jour le rang,

le crédit et les alliances des légitimés ; celle-ci ne lui était pas nouvelle depuis le mariage de son fils, mais elle le rapprochait doublement du roi. ■ La duchesse du Maine s’entourait d’écrivains et de poètes ; la société spirituelle de son palais de Sceaux a été célèbre au commencement du xvni® siècle; c’est là qu’elle trama toutes scs intrigues, qui n’aboutirent qu’à la conspiration, dite de Gellamare, contre le Régent.

Elle mourut en 1753.

3. 11 y a plus de vingt volumes dans lesquels vous verrez que la maison d’Orléans et la maison de Condé s'indignèrent de ces propositions ; vous lirez que la princesse, mère du duc de Chartres, menaça son fils ; vous lirez même qu’elle le frappa. Les Anecdotes de la Constitution rapportent sérieusement que, le roi s’étant servi de l’abbé Dubois, sous-précepteur du duc de Chartres, pour faire réussir la négociation, cet abbé n’en vint à bout qu’avec peine, et qu’il demanda pour récompense le chapeau de cardinal. Tout ce qui regarde la cour est écrit ainsi dans beaucoup d’histoires. » (Note de Voltaire.)

4. « M“»e de Lafayette, écrit M“® de Sévigné, m’a envoyé une relation de la fête de Sceaux qui nous a divertis.

Qu’elle était jolie! qu’il y a d’esprit et d’invention dans ce siècle ! •

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