‹ Sicle de Louis XIVChapitre 339 sur 447 · Cette pension était de quarantehuit mille livres · texte numérisé non relu

Cette pension était de quarantehuit mille livres

4. L’abbé de Vertot composa cette épitaphe déclamatoire, oû il n’est pas plus parlé du second mariage de do Maintenon que du premier. Son tombeau fut détruit et profané en 1794 :

un monument lui a été él^vé en 1836, dans la chapelle de Saint-Cyr, par les soins du colonel, aujourd’hui maréchal, Baraguey-d’Hilliers ; on lit sur la dalle en marbre noir ces mots : Ci-gît madame de Maintenon, 1635-1719.

5. Madame de Maintenon a été surtout attaquée au xviii® siècle, à l’exception de Voltaire, qui l’a jugée avec bienveillance. On lui reprocha ses jugements ; il se défendit vivement dans le Supplément au Siècle de Louis XIV :

« A qui ût-elle du mal, dit-il? Qui persécuta-t-elle? Elle fît servir les charmes de son esprit et sa dévotion même à sa grandeur 5 elle dompta son carac-

La cour fut moins vive et plus sérieuse, depuis que le roi \ commença à mener avec Madame de Maintenon une vie plus i retirée ; et la maladie considérable qu’il eut en 1686 contribua 8 encore à lui ôter le goût de ces fêtes galantes qui avaient jusque- r là signalé presque toutes ses années. Il fut attaqué d’une fistule ‘ dans le dernier des intestins. L’art de la chirurgie, qui fit sous ce règne plus de progrès en France que dans tout le reste de l’Europe, n’était pas encore familiarisé avec cette maladie. Le cardinal de Richelieu en était mort, faute d’avoir été bien traité.

Le danger du roi émut toute la France. Les églises furent remplies d’uii peuple innombrable, qui demandait la guérison de son roi les larmes aux yeux. Ce mouvement d’un attendrissement général fut presque semblable à ce que nous avons vu, lorsque son successeur fut en danger de mort à Metz en 1744 L Ces deux époques apprendront à jamais aux rois ce qu’ils doivent à une nation qui sait aimer ainsi.

Dès que Louis XIV ressentit les premières atteintes de cernai, son premier chirurgien Félix alla dans les hôpitaux chercher des malades qui fussent dans le même péril : il consulta les meilleurs chirurgiens; il inventa avec eux des instruments qui abrégeaient l’opération, et qui la rendaient moins douloureuse.

Le roi la souffrit sans se plaindre. Il fit travailler ses ministres auprès de son lit le jour même ; et, afin que la nouvelle de son danger ne fît aucun changement dans les cours de l’Europe, il donna audience le lendemain aux ambassadeurs. A ce courage d’esprit se joignait la magnanimité avec laquelle il récompensa Félix : il lui donna une terre qui valait alors plus de cinquante mille écus

1ère pour dompter Louis XIV. Mais quel abus odieux fit-elle de son pouvoir?» Les Mémoires de Saint-Simon ont surtout contribué à fausser l’opinion sur M“*e de Maintenon ; il l’a poursuivie avec un acharnement haineux, que rien ne justifie, dans une foule de passages écrits avec une verve éloquente. M“® de Maintenon n’excite peut-être pas une vive sympathie ; mais M. Lavallée l'a jugée plus équitablement, quand il a dit : « Elle n’a pas eu sur Louis XIV l’influence malfaisante que ses ennemis lui ont attribuée ; elle n’eut pas de grandes vues, elle ne lui inspira pas de grandes choses;... mais elle ne lui donna que des conseils salutaires, désintéressés, utiles à l’Etat et au soulagement du peuple ; elle a fait à la F rance un bien réel en réformant la 7ie d’un

homme dont les passions avaient été divinisées, en arrachant à une vieillesse licencieuse un monarque qui, selon Leibnitz, « faisait seul le destin de son » siècle » ; enfin, en le rendant capable de soutenir « avec un visage toujours » égal et véritablement chrétien » les désastres de la fin de son règne. »

1 . C’est alors que Louis XV fut surnommé le Bien- aimé. « Qu’ai-je donc fait pour être aimé ainsi ? » disait-il lui-même. On sait comment il répondit à ces marques d’affection de tout un peuple.

2. Il y a de curieux détails sur cette opération, courageusement subie par le roi, sur ses maladies et sur sa vie de chaque jour, dans le Journal des médecins de Louis XI F, que vient de publier M. Le Roi. On y voit que la santé

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