‹ Sicle de Louis XIVChapitre 340 sur 447 · CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII

Depuis ce temps le roi n’alla plus aux spectacles. La daupliiiie de Bavière devenue mélancolique et attaquée d’une maladie de langueur qui la fit enfin mourir en 1690, se refusa à lous les plaisirs, et resta obstinément dans son appariement. Elle aimait les lettres ; elle avait même fait des vers ; mais dans sa mélancolie elle n’aimait plus que la solitude.

Ce fut le couvent de Saint-Cyr qui ranima le goût des choses d’esprit. de Maintenon pria Racine, qui avait renoncé au théâtre pour le jansénisme et pour la cour de faire une tragédie qui pût être représentée par ses élèves^. Elle voulut un sujet tiré de la Bible : Racine composa Esther. Cette pièce, ayant d’abord été jouée dans la maison de Saint-Cyr, le fut ensuite plusieurs fois à Versailles devant le roi, dans l’inver de 1689^. Des prélats, des jésuites s’empressaient d’obtenir la permission de voir ce singulier spectacle. Il parait remarquable que celte pièce eut alors un succès universel, et que deux ans après, Atlialie, jouée par les mêmes personnes, n’en eut aucun Ce fut tout le contraire quand on joua ces pièces à Paris, longtemps après la mort de l’auteur, etaprès le temps des partialités. Athalie, représentée en 1717, fut reçue, comme elle devait l’être, avec transport ; et Esther, en 1721, n’inspira que de la froideur, et ne reparut plus. Mais alors il n’y avait plus de courtisans qui reconnussent avec flatterie Esther dans de Maintenon, et avec malignité Vasthi dans M“® de Montespan, Aman dansM. deLouvois. Mais, malgré le vice du sujet, trente vers Esther valent mieux que beaucoup de tragédies qui ont eu de grands succès.

Ces amusements ingénieux recommencèrent pour l’éducation

de Louis fut moins bonne qu’on ne le dit généralement.

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