‹ Sicle de Louis XIVChapitre 360 sur 447 · Voir page 112, note · texte numérisé non relu

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3. Les Hollandais nous enlevaient même jusqu’au cabotage de nos côtes et jusqu’aux transports entre la France et ses colonies.

4. Fouquet avait établi en 1639 un droit de 30 sous par tonneau sur les navires étrangers qui venaient charger ou décharger des navires de France.

En 1661, ce droit fut étendu à tout navire de construction étrangère et dont l’équipage était étranger par moitié. Sur les réclamations des Hollandais, ce droit ne fut exigé de leurs navires qu’une seule fois pour chaque voyage, à la sortie de nos ports.

5. On sait que, par suite de l’erreur de Christophe Colomb, qui croyait abordera l’extrémité orientale de l’Asie, en trouvant l’Amérique, les terres nouvellement découvertes ont reçu le nom à' Indes occidentales.

6. Par lettres-patentes du 28 mai 1 664, le roi accorda à cette compagnie les Antilles, l’ile de Cayenne, la France équinoxiale de l’Orénoque au fleuve des Amazones, la Nouvelle-France^ ou Canada, le commerce des côtes occidentales de l’Afrique.

dans lequel on échange sans cesse de l’argent qui ne périrait pas, contre des effets qui se consomment. Ils ne faisaient pas réflexion que ces marchandises de l’Inde, devenues nécessaires, auraient été payées plus chèrement à l’étranger. Il est vrai qu’on porte aux Indes orientales plus d’espèces qu’on n’en retire, et par là l’Europe s’appauvrit. i\Iais ces espèces viennent du Pérou et du Mexique ; elles sont le prix de nos denrées portées à Cadix, et il reste plus de cet argent en France que les Indes orientales n’en absorbent.

Le roi donna plus de six millions de notre monnaie d’aujourd’hui à la compagnie. Il invita les personnes riches à s’y intéresser. Les reines, les princes et toute la cour fournirent deux millions numéraires de ce temps-là. Les cours supérieures donnèrent douze cent mille livres; les financiers, deux millions ; le corps des marchands, six cent cinquante mille livres. Toute la nation secondait son maître.

Cette compagnie a toujours subsisté ^ ; car, encore que les Hollandais eussent pris Pondichéry en 1694, et que le commerce des Indes languît depuis ce temps, il reprit une force nouvelle sous la régence du duc d’Orléans-. Pondichéry devint alors la rivale de Batavia; et cette compagnie des Indes, fondée avec des peines extrêmes par le grand Colbert, reproduite de nos jours par des secousses singulières, futpendant quelques années une des plus grandes ressources du royaume. Le roi forma encore une compagnie du Nord^ en 1669 : il y mit des fonds comme dans celle des Indes. Il parut bien alors que le commerce ne déroge pas, puisque les plus grandes maisons s’intéressaient à ces établissements, à l’exemple du monarque.

1. Trois compagnies françaises depuis Henri IV s’étaient ruinées dans les Indes orientales. Par les soins du roi et de Colbert, une nouvelle compagnie fut constituée (août 1664). Elle avait pour cinquante ans le privilège du commerce et de la navigation dans toutes les mers d’Orient et du Sud.

depuis le cap de Bonne-Espérance jusqu’au détroit de Magellan, avec des pouvoirs et des avantages considérables.

En 1666, le roi lui donna les terres vagues du domaine près de la baie du Blavet et du Scorff; elle établit là ses chantiers, ses magasins, son arsenal ; c’est l’origine du port et de la ville de Lorient.

2. Surtout à la suite des secousses causées par le système de Law, la compagnie devint très-f crissante, grâce

aux talents du gouverneur Dumas, et surtout grâce au génie de La Bourdonnais et de Dupleix. Mais le gouvernement français ne soutint pas leurs efforts héroïques, les abandonna, les disgracia ; et, peu de temps après la publication du Siècle de Louis A’/V, pendant la guerre de Sept ans (1756-1763), la France perdit presque tout ce qu’eüe possédait dans l’Inde; et les Anglais, réalisant les conceptions de Dupleix, jetèrent les bases de leur immense empire britannique en Asie.

3. La compagnie devait faire le commerce en Hollande, Allemagne, Danemark, mer Baltique, Suède, Norwége, Moscovie, etc. Le roi entra pour un tiers dans le fonds capital de la compagnie ; il s'engageait à supporter seul les pertes des six premières années.

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