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Jusqu’au retour de Charles II Stuart, en juin

de faire Louis XIV empereur L Ce dessein était chimérique; il eût fallu ou forcer les électeurs ou les séduire. La France n’était ni assez forte pour ravir l’empire, ni assez riche pour l’acheter; aussi les premières ouvertures, faites à Francfort par le maréchal de Gramont et par Lionne, furent-elles abandonnées aussitôt que proposées. Léopold fut élu. Tout ce que put la politique de Mazarin, ce fut de faire une ligue avec des princes allemands pour l’observation des traités de Munster, et pour donner un frein à l’autorité de l’Empereur sur l’Empire (auguste 1658).

La France après la bataille des Dunes, était puissante au dehors par la gloire des armes, et par l’état où étaient réduites les autres nations ; mais le dedans souffrait ; il était épuisé d’argent ; on avait besoin de la paix.

Il fallait deux choses au cardinal pour consommer heureusement son ministère : faire la paix et assurer le repos de l’Etat par le mariage du roi. Les cabales pendant sa maladie luifaisaient sentir combien un héritier du trône était nécessaire à la grandeur du ministre. Toutes ces considérations le déterminèrent à marier Louis XIV promptement. Deux partis se présentaient, la fille du roi d’Espagne et la princesse de Savoie Le cœur du roi avait pris un autre engagement; il aimait éperdument Mancini, l’une des nièces du cardinal; né avec un cœur tendre et de la fermeté dans ses volontés, plein de passion et sans expérience, il aurait pu se résoudre à épouser sa maîtresse®.

M°^® de Motteville, favorite de la reine-mère, dont les Mémoires ont un grand air de vérité^, prétend que Mazarin fut

1. Mazarin ne pensa pas sérieusement à faire élire Louis XIV ; il eût préféré opposer à Léopold le duc de Bavière, Ferdinand-Marie ; mais Gramont vit bientôt à Munich qu’il n’y avait rien à espérer de ce jeune prince timide. Alors les ambassadeurs français parvinrent à faire imposer une capitulation, qui restreignait l’autorité impériale (18 juillet 1658), et à conclure la grande alliance du Rhin qui réunissait, sous la direction de la France, la plupart des princes, catholiques et protestants, de l’Allemagne occidentale, pour le maintien de la paix de Westphalie (14 août).

2. Pour forcer la cour de Madrid à se déclarer, Mazarin feignit de vouloir marier le roi à la princesse Marguerite de Savoie, sa cousine, fille de Christine de France. Les deux cours se rencontrèrent à Lyon, le 28 novembre 1658 ; mais, dans le même moment, don An-

tonio Pimentel apportait à Anne d’Autriche une lettre de Philippe IV, qui offrait sa fille à Louis XIV.

3. Marie Mancini avait pris un grand empire sur le cœur de Louis XIV, élevé avec les nièces de Mazarin ; le roi proposa même au cardinal de l’épouser.

Celui-ci s’y refusa, comme le prouvent les lettres curieuses, adressées par Mazarin à Louis. Aune fit rédiger, il est vrai, une protestation par écrit, mais d’accord avec le cardinal, qui ne cessa de combattre la passion du roi; avant de partir pour la frontière d’Espagne, il força sa nièce à se retirer à la Rochelle; c’est alors qu’elle écrivit ces mots, si souvent cités : a Vous êtes roi, vous pleurez, et cependant je pars. » Elle épousa, deux ans plus tard, le prince Golonna, connétable de Naples.

4. Madame de Motteville n’a plus son impartialité accoutumée à l’égard

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