‹ Siècle de Louis XIV (volume 2)Chapitre 10 sur 168 · Avis à fauteur du journal de Gottingue · texte numérisé non relu

Avis à fauteur du journal de Gottingue

S. Voltaire s'applaudissaii dans ses leltreâ d'en avoir parlé le premier : « C'est là, ce me semble , dit-il an président Uesnault, 8 janvier ITU, que Lottts XIY paratt bien grand , et que je donne à la nation une Bupériortfô doni les étrangers aonl forcés de convenir. »

de l'auteur a fait tort à Touvrage. Voltaire est impartial, si impartialité veut dire justice et modération.

Dans les matières religieuses et ecclésiastiques, toujours si délicates à traiter, il a montré une réserve qui contraste avec l'esprit d'autres ouvrages publiés par lui à la même époque. « J'apprends , dit-il , dans le Supplément au Siècle de Louis XIV y que plusieurs prolestants me reprochent d'avoir trop peu respecté leur secte; j'apprends que quelques catholiques crient que j'ai beaucoup trop ménagé, trop plaint, trop loué les protestants. Cela ne prouve- t-il pas que j'ai gardé mon caractère, que je suis impartial? »> II écrivait encore à l'un de ses amis ^ : «< Je ne connais aucun ultramontain qui ait parlé de la cx)ur de Rome avec plus de circonspection. » Il est vrai qu'il n'approuve pas beaucoup les querelles théologiques qui ont attristé la fin du règne , les persécutions dirigées contre les protestants, et l'intolérance du dernier confesseur de Louis XIV; mais on peut être impartial sans admirer M"" Guyon et leV. Telîier : la véritable impartialité consiste plutôt à ne pas les admirer. Parfois, et surtout dans des passages ajoutés vers la fin de sa vie , on sent qu'il est tenté d'oublier sa modération ordinaire; le philosophe des Lettres anglaises reparaît; quelques traits satiriques et nioqueurs s'échappent de sa plume; mais en général il est resté fidèle à la loi de convenance et de réserve qu'il s'était imposée.

Dans les questions de gouvernement et d'administration intérieure, l'impartialité lui était plus facile et dut moins lui coûter. Ici il parle avec respect « des vertus qu'on ne voit guère que dans les républiques; »» là il semble condamner ces États, dont la destinée est « de vivre dans les factions*; » ici il admire la na-

Page 1