Lettre à M. do Ciddeville, 3 avril
«. Lettre au comte d'Argeutal, 20 janvier ti36.
des choses; » il se compare souvent à un moine enfermé dans son couvent; il écrit au duc de Richelieu' H qu'il travaille comme un bcnédidin : »» rapprochement qu'on peut trouver étrange entre la plus bruyante renommée du xviii» siècle et le mérite modeste des Calmet et des Mabillon , mais qui témoigne au moins de Topiniâtreté persévérante de son esprit. Ce dévouement de Voltaire à Fœuvre qu'il avait entreprise exige peut-être qu'on n'en parle qu'avec justice et même avec une respectueuse sympathie. II faut reconnaître que le Siècle de Louis XIV est ordinairement exact, beaucoup plus exact qu'on ne le croit ou qu'on ne le dit. Des fautes de détails , quelques dates et quelques faits omis ou erronés ne sauraient étonner dans un ouvrage* de cette nature, ni surtout en affaiblir le mérite général. «« Un errata, disait-il lui-môme*, suffit pour ces bagatelles. Il ne faut pas juger d'un grand bâtiment par quelques pavés qu'un maçon subalterne aura mal arrangés dans la cour. » Sans doute plusieurs parties de ce grand règne ont été explorées avec succès , même après lui : la publication récente des Négociations relatives à la succession d'Espagne a jeté un jour nouveau et inattendu sur la diplomatie française au xvn' siècle; l'administration intérieure a été plus étudiée et mieux connue' ; le ministère de Colbert surtout a été mieux apprécié sans être plus admiré : mais, quand on veut juger un historien , quelques omissions involontaires ou inévitables doivent-elles faire oublier les services réels qu'il a rendus à la science?