‹ Siècle de Louis XIV (volume 2)Chapitre 11 sur 168 · Lettre à M. de Ciddeyille, 9 janvier · texte numérisé non relu

Lettre à M. de Ciddeyille, 9 janvier

2. « On ne cesse do nous vanter les belles républkiTies do la Grèce; mais, dans leurs temps les plus florissants, la discorde, la naine étaient au dehors entre toutes les villes, et au dedans dans chaque cité. Quel gouvernement que celui oh le juste Aristide était banni, Phoaon mis à mort, Socrate con* camncà la ciguël «(Voltaire, Dtcttonnaire phUosophiquey article Oow veniement.)

IIV * KOTICE SUR IJÎ SIÈCLE DE LOCIS XTT

tion anglaise, « la seule de la terre qui soit parvenue à régler le pouvoir des rois en leur résistant, et qui d'efforts en efforts ait enfin établi un gouvernement sage; » là il fait l'éloge des monarchies absolues et montre quels avantages elles ont sur les autres royautés. Il n'a donc de préférence pour aucune forme de gouvernement, et il n'est pas obligé, comme tant d'écri« vains, d'apprécier avec passion ou même de dénaturer les événements dans l'intérêt de ses convictions politiques. Jean- Jacques certainement n'aurait pas raconté de la même façon Thistoire de Louis XIV. On reproche cependant à Voltaire de n'avoir fait qu'un panégyrique, et d'avoir trop admiré le grand roi. Avant de le condamner, remarquons d'abord qu'il se croyait très -hardi en composant son livre. Il écrit au

-duc de Richelieu* : « Je me suis constitué, de mon autorité privée, juge des rois, des généraux, des parlements , de l'Église et des sectes qui la partagent : voilà ma charge. Ajoutez à ce fardeau celui d'être obligé de rapporter des anecdotes très-délicates qu'on ne peut supprimer. Il faut faire sentir ce que les suites très-mal ménagées de la révocation de l'édit de Nantes ont coûté à la France ; il fout avouer la mauvaise conduite du ministère dans la guère de 1701. J'ai dû et j'ai

, osé remplir tous ces devoirs peut-être dangereux. » Il revient souvent sur cette idée : «Pellisson, dit-il à milord Harvey (1740)', eût écrit plus éloquemment que moi; mais il était courtisan, et il était payé. Je ne suis ni l'un ni l'autre : c'est à moi qu'il appartient de dire la vérité. »» Ailleurs il écrit' qu'il a traité Louis XIV« avec le respect qu'on doit aux têtes couronnées qui viennent de mourir, et avec le respect qu'on doit à la vérité qui ne mourra jamais. »

11 faut avouer qu'il y aurait mauvaise grâce à accuser

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