‹ Siècle de Louis XIV (volume 2)Chapitre 104 sur 168 · n Bn 1740. » (Note de Voltaire · texte numérisé non relu

n Bn 1740. » (Note de Voltaire

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Gibraltar aux mains d'une nalîon septentrionale, dont les vaisseaux fréquentaient à peine, il y a deux siècles, la mer Méditerranée.

Immédiatement après la prise do Gibraltar, la (lotte anglaise, maîtresse de la mer, altaqua, à la vue do Malaga, le comte de Toulouse, amiral de France : bataille indécise à la vérité, mais dernière époque de la puissance de Louis XIV. Son fils naturel, le comte de Toulouse, amiral du royaume, y commandait cinquante vaisseaux de ligne et vingt-quatre galères. Il se retira avec gloire et sans perte. (Mars 4705) Mais depuis, le roi ayant envoyé treize vaisseaux pour attaquer Gibraltar, tandis que le maréchal de Tesse l'assiégeait par terre, celte double témérité perdit à la fois et i*armée et la flotte. Une partie des vaisseaux fut brisée parla tempête; une autre prise par les Anglais à l'abordage, après une résistance admirable ; une autre brûlée sur les côtes d'Espagne. Depuis ce jour, on ne vit plus de grandes flottes françaises, ni sur l'Océan, ni sur la Méditerranée. La marine rentra presque dans l'état dont Louis XIV l'avait tirée, ainsi que tant d'autres choses éclatantes, qui ont eu sous lui leur orient et leur couchant.

Ces mômes Anglais, qui avaient pris pour eux Gibraltar, conquirent en six semaines le royaume de Valence et de Catalogne pour l'archiduc Charles. Ils prirent Barcelone par un hasard qui fut l'effet de la témérité des assiégeants.

Les Anglais étaient sous les ordres d'un des plus singuliers hommes qu'ait jamais portés ce pays si fertile en esprits fîers, courageux et bizarres. C'était le comte Péterborough, homme qui ressemblait en tout à ces héros dont l'imagination des Kspagnols a rempli tant de livres. A quinze ans il était parti de Londres pour aller faire la guerre aux Maures en Afrique : 11 avait à vingt ans commencé la révolution d'Angleterre, et s'était rendu le premier en Hollande, auprèsdu prince d'Orange ; mais, de peur qu'on ne soupçonnât la raison de son voyage, il s'était embarqué pour l'Amérique , et de là il était allé à la Haye sur un vaisseau hollandais. Il perdit, il donna tout son bien, et rétablit sa fortune plus d'une fois. Il faisait alors la guerre en Espagne, presque à ses dépens, et nourrissait l'archiduc et toute sa maison. C'était lui qui assiégeait Barcelone avec le prince de Darmstadt*. Il lui propose une attaque sou-

I. « Ti'hiftoire de Rebonlet appeUe ce prince chef des factienx, s'il eût été an Espagnol réTolté contre PhiUppe V. » (Note de Voltaire.)

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