CHAP. XXIX. CHANGEMENTS DANS LA NATION
fois d*étre domestiques de ces seigneurs , devenus leurs égaux, et très-souvent leurs supérieurs dans le service militaire; et plus le service en tout genre prévaut sur les titres, plus un État est florissant.'
On a comparé le siècle de Louis XIV à celui d'Auguste. Ce n*est pas que la puissance et les événements personnels soient comparables. Rome et Auguste étaient dix fois plus considérables dans le monde que Louis XIV et Paris; mais il faut se souvenir qu*Àthènes a été égale à l'empire romain, dans toutes les choses qui ne tirent pas leur prix de la force et de la puissance. Il faut encore songer que, s'il n'y a rien au* jourd'hui dans le monde tel que l'ancienne Rome et qu'Auguste , cependant toute l'Europe ensemble est très-supérieure à tout l'empire romain. Il n'y avait du temps d'Auguste qu'une seule nation, et il y en a aujourd'hui plusieurs, policées, guerrières, éclairées , qui possèdent des arts que les Grecs et les Romains ignorèrent ; et de ces nations il n'y en a aucune qui ait eu plus d'éclat en tout genre, depuis environ un siècle, que la nation formée en quelque sorte par Louis XIV.
Finances et règlements.
Si l'on compare l'administration de Colbert à toutes les administrations précédentes, la postérité chérira cet homme dont le peuple insensé voulut déchirer le corps après sa mort. Les Français lui doivent certainement leur industrie et leur commerce , et par conséquent cette opulence dont les sources diminuent quelquefois dans la guerre , mais se rouvrent toujours avec abondance dans la paix. Cependant, en 4702, on avait encore l'ingratitude de rejeter sur Colbert la langueur qui commençait à se faire sentir dans les nerfë de l'Ëtat. Un
1. Ce chapitre est peutrètre un des plus faibles de l'ourrage, bien que la fin contienne quelques vues neuves et intéressantes sur les monnaies, leur
publié fl
mnd ouvrage en 1758, sept aai aprèi la première édition du Siècle de loutf X/K. Voltaire le cite plus tard avec éloge, et parle «des grandes lumières qu'il a fournies sur les finances do France; » mais il ne ptratt pas q«*il en ait beaucoup profite dans les éditions suivaniea.