‹ Siècle de Louis XIV (volume 2)Chapitre 146 sur 168 · DES SCIENCES · texte numérisé non relu

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ce peu de vérités perça, à l'aide de la méthode qu'il avait introduite : car avant lui on n'avait point de 61 dans ce la« byrinthe, et du moins il en donna un , dont on se servit après qu'il se fut égaré. C'était beaucoup de détruire les chimères du péripatétisme, quoique par d'autres chimères. Ces deux fan* tômcs se combattirent. Us tombèrent l'un après l'autre , et la raison s'éleva enfin sur leurs ruines. Il y avait à Florence une académie d'expériences, sous le nom del Cimento, établie par le cardinal Léopoldde Médicisvers l'an 4655. On sentait déjà, dans cette patrie des arts, qu'on ne pouvait comprendre quelque chose du grand édiGce de la nature qu'en l'examinant pièce à pièce. Cette académie, après les jours de Galilée, et dès le temps de Torricelli, rendit de grands services.

Quelques philosophes, en Angleterre, sous la sombre administration de Cromwell, s'assemblèrent pour chercher en paix des vérités , tandis que le fanatisme opprimait toute vérité. Charles II, rappelé sur le trône de ses ancêtres par le repentir et par l'inconstance de sa nation, donna des lettres patentes à .cette académie naissante; mais c'est tout ce que le gouvernement donna. La Société royale, ou plutôt la Société libre de Londres, travailla pour l'honneur de travailler. C'est de son sein que sortirent de nos jours les découvertes surla lumière , sur le principe de la gravitation, sur l'aberration des étoiles Bxes, sur la géométrie transcendante, et cent autres inventions qui pourraient, à cet égard, faire appeler ce siècle le siècle des Anglais, aussi bien que celui de Louis XIV.

En 4666, M. Colbert, jaloux de cette nouvelle gloire, voulut que les Français la partageassent; et, à la prière de quelques savants, il fit agréer à Louis XIV l'établissement d'une académie des sciences. Elle fut libre jusqu'en 4699, comme celle d'Angleterre, et comme l'académie française'. Colbert attira d'Italie Dominique Cassini, Huygens de Hollande, et Roëmer

Condillac. Le bon Là Fontaine, assez. ignorant à la vérité, mais écbo de la voix publique , disait de lui naîTement :

Descartes, ce mortel dont on eût fait un dieu Dans les siècles passés, et qui tient le milieu Entre l'homme et l'esprit, comme entre l'huître et l'homme 1^ tient tel de nos gens , rranche bète de somme. t. En l699,Loois Phélypeanx, comte de Pontchartrain, contrôleor général des flnam:cs et surintendant des bâtimenw, soumit , d'après l'avis de l'abbé .^jignon , bibliothécaire du roi, toutes les académies au minisire secrétaire d'Êiat, excenté l'académie française, qui ne pouvait dépendre que du roi. Vov. Voltaire, Listi des secrétmres d'Efa*. è Variicle Phélypenu*.

de Danemark, par de fortes pensions. Roëmer détermina la vitesse des rayons solaires; Huygens découvrit Tanneau et im des satellites de Saturne, et Cassini les quatre autres. On doit à Huygens, sinon la première invention des horloges à pendule, du moins les vrais principes de la régularité de leurs mouvements, principes qu'il déduisit d'une géométrie sublime. On acquit peu à peu des connaissances de toutes les parties de la vraie physique, en rejetant tout système. Le public fui étonné de voir une chimie dans laquelle on ne cherchait ni lo grand œuvre, ni Tart de prolonger la vie au delà des bornes de la nature ; une astronomie qui ne prédisait pas les événements du monde, une médecine indépendante des phases de la lune. La corruption ne fut plus la mère des animaux et de^ plantes. Il n'y eut plus de prodiges dès que la nature fut mieux connue. On l'étudia dans toutes ses productions.

La géographie reçut des accroissements étonnants. Â peine Louis XIV a-t-il fait bâtir l'Observatoire, qu'il fait commencer en 4669 une méridienne par Dominique Cassini et par Picard. Elle est continuée vers le nord en 4683 par Lahire; et enfin Cassini la prolonge en 4700 jusqu'à l'extrémité du Roussillon. C'est lo plus beau monument de l'astronomie, et il suffit pour éterniser ce siècle.

On envoie en 4672 des physiciens à Cayenne, faire des observations utiles. Ce voyage a été la première origine de la connaissance de l'aplatissement de la terre, démontré depuis par le grand Newton ; et il a préparé à ces voyages plus fameux, qui depuis ont illustré le règne de Louis XV.

On fait partir en 4700 Tournefort pour le Levant. Il y va recueillir des plantes qui enrichissent le Jardin royal , autrefois abandonné, remis alors en honneur, et aujourd'hui devenu digne de la curiosité de l'Europe. La Bibliothèque royale, déjà nombreuse, s'enrichit sous Louis XIV de plus de trente mille volumes; et cet exemple est si bien saivi de nos jours, qu'elle en contient déjà plus de cent quatre^vingt mille. Il fait rouvrir l'école de droit, fermée depuis cent ans. 11 éteblit dans toutes les universités de France un professeur de droit français. Il semble qu'il ne devrait pas y en avoir d'autres, et que les bonnes lois romaines, incorporées à celles du pays, devraient former un seul corps des lois de la nation.

Sous lui les journaux s'établissent. On n'ignore pas que le Journal des Savants, qui commença en 4665, est le père de

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