‹ Siècle de Louis XIV (volume 2)Chapitre 147 sur 168 · D£S SCIENCES · texte numérisé non relu

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tous les ouvrages de ce genre " dont l'Europe est aujourd'hui remplie, et dans lesquels trop d'abus se sont glissés, commi dans les choses les plus utiles.

L'académie des belles-lettres , formée d'abord en 4663 de quelques membres de l'académie française, pour transmettre à la postérité par des médailles les actions de Louis XIV, devint utile au public dès qu'elle ne fut plus uniquement occu« pée du monarque, et qu'elle s'appliqua aux recherches de Tar.tiquité et à une critique judicieuse des opinions et des faits. Elle fît à peu près dans l'histoire ce que l'académie des scienO/es faisait dans la physique : elle dissipa des erreurs;

L'esprit de sagesse et de critique, qui se communiquait de proche en proche, détruisit insensiblement beaucoup de superstitions. C'est à cette raison naissante qu'on dut la déclaration du roi de 4672, qui défendit aux tribunaux d'admettre les simples accusations de sorcellerie. On ne l'eût pas osé sous Henri IV et sous Louis XIII ; et si depuis 4672 il y a eu encore des accusations de maléfices, les juges n'ont condamné ^'ordinaire les accusés que comme des profanateurs, qui d'ailleurs employaient le poison *.

Il était trè^-commun auparavant d'éprouver les sorciers en les plongeant dans l'eau, liés de cordes; s'ils surnageaient, ils étaient convaincus. Plusieurs juges de province avaient ordonné ces épreuves, et elles continuèrent encore longtemps parmi le peuple. Tout berger était sorcier; et les amulettes,

1. Le plut «neiaa jonmal ast la Gasitte de France^ créée par le méde« ein Théophnste Renaodot, et le célèbre généalogiste P. d*Hoxier : elle parut en mal 16S1. Richelleo, le ministre abeola et despotique, protégea les première journalistes de France, comme Louis XI, le roi dénant et jaloux de son autorité, ayait protégé les premiers imprimeurs. Ce fut trente-quatre ans plus tard que Denis de Sallo commença le Journal des Savantt, Voy. Voltaire, articles ScUlo et Renaudotf dans la Liste des écrivains français.

2. < En 1609, six cents sorciers furent condamnés, dans le ressort du parlement de Bordeaux, et la plupart brûlés. Nicolas Rémi, dans sa Demonolâtrie, rapporte neuf cents arrêts rendus en quinze ans contre des sorciers dans la seule Lorraine. Le fameux curé Louis 6anfft>idi, brûlé à Aix en 1611, avait avoué qu'il était sorcier, et les juges l'avaient cru.

« G*estiine chose lionteuse que le P. Lebrun, dans son Traité des pratiouês superstitieuses^ admette encore de vrais sortilèges : il va même jusqu'à aire, page 524. que « le parlement de Paris reconnaît des sortilèges; > il se trompe : le parlement reconnaît des profanations, des maléfices, mais non des effets surnaturels opérés par le diable. -Le livre de dom Calmet sur les vampires et sur les apparitions a passé pour un délire; mais il fait voir combien l'esprit humain est porté à la superstition. > (Note de Vol taire. ]~Le ttvre de dom Calmet dont il est question ici, est intitulé : Traité sw les apparitions des esprits et sur les vampires ou les revenants de Hongrie, de Moravie, etc., 1746.

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les anneaux conslellés * étaient en usage dans les villes. Les effets de la baguette de coudrier, avec laquelle on croit découvrir les sources, les trésors et les voleurs , passaient pour certains, et ont encore beaucoup de crédit dans plus d'une province d'Allemagne. Il n'y avait presque personne qui né se fil tirer son horoscope. On n'entendait parler que de secrets magiques; presque tout était illusion. Des savants, des magistrats avaient écrit sérieusement sur ces matières. On distinguait parmi les auteurs une classe de démonographes. 11 y avait des règles pour discerner les vrais magiciens, les vrais possédés d'avec les faux : enfin, jusque vers ces temps-là , on n'avait guère adopté de l'antiquité que des erreurs en tout genre.

Les idées superstitieuses étaient tellement enracinées chez les hommes, que les comètes les effrayaient encore en. 4680. On osait à peine combattre cette crainte populaire. Jacques Bernouilli, l'un des grands mathématiciens de l'Europe, en répondant, à propos de cette comète, aux partisans du préjugé, dit que la chevelure de la comète ne peut être un signe de la colère divine, parce que cette chevelure est éternelle, mais que la queue pourrait bien en être un. Cependant ni la tète ni la queue ne sont éternelles. Il fallut que Bayle écrivît contre le préjugé vulgaire un livre fameux, que les progrès de la raison ont rendu aujourd'hui moins piquant qu'il ne Tétait alors.

On ne croirait pas que les souverains eussent obligation aux philosophes. Cependant il est vrai que cet esprit philosophique, quia gagné presque toutes les conditions, excepté le bas peuple, a beaucoup contribué à faire valoir les droits des souverains. Des querelles qui auraient produit autrefois des excommunications, des interdits, des schismes, n'en ont point causé. Si on a dit que les peuples seraient heureux quand ils auraient des philosophes pour rois *, il est très-vrai de dire que les rois en sont plus heureux quand il y a beaucoup de leurs sujets phi-

Il faut avouer que cet esprit raisonnable , qui commence à présider à Téducation dans les grandes villes, n'a pu empêcher les fureurs des fanatiques des Cévennes, ni prévenir la démence du petit peuple de Paris autour d'un tombeau à Saint- Médard, ni calmer des disputes aussi acharnées que frivoles

1. ConitilUi , &9Atrk'éire faits sout rinflaecco Buppoaéo de certaine om- •tcUftiiuD.

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