‹ Siècle de Louis XIV (volume 2)Chapitre 152 sur 168 · La bulle contre les franekisea, Voy. pages Ifô et suiv · texte numérisé non relu

La bulle contre les franekisea, Voy. pages Ifô et suiv

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le fairtôme de Tinfaillibilité et le pouvoir réel attaché à ce fantôme. Alexandre VllI et Innocent XII suivirent les tracée du fier Odescalchi , quoique d*une manière moins dure; lis confirmèrent la condamnation, portée contre rassemblée du clergé; ils refusèrent les bulles aux évéques ; enfin ils en firent trop, parce que Louis XIV n'en avait pas fait assez. Les évéques, lassés de n*être que nommés par le roi et de se voir sans fonctions , demandèrent à la cour de France la permis* sion d'apaiser la cour de Rome.

Le roi, dont la fermeté était fatiguée, le permit. Chacun d'eux écrivit séparément t qu'il était douloureusement affligé des procédés de l'assemblée ; » chacun déclare dans sa lettre qu'il ne reçoit point comme décidé ce qu'on y a décidé , ni comme ordonné ce qu'on y a ordonné. Pignatelli (Innocent XII), plus conciliant qu'Odescalchi, se contenta de cette démarche. Les quatre propositions n'en furent pas moins enseignées en France de temps en temps; mais ces armes se rouillèrent quand on ne comilattit plus, et la dispute resta couverte d'un voile sans être décidée, comme il arrive presque toujours dans un État qui n'a pas sur ces matières des prin< dpes invariables et reconnus. Ainsi , tantôt on s'élève contre Rome, tantôt on lui cède, suivant les caractères de ceux qui gouvernent, et suivant les intérêts particuliers de ceux par qui les principaux de l'État sont gouvernés.

Louis XIV d'ailleurs n'eut point d'autre démêlé ecclésiastique avec Rome, et n'essuya aucune opposition du clergé dans les affaires temporelles '.

Sous lui ce clergé devint respectable par une décence ignorée dans la barbarie des deux premières races , dacs le temps

1. Louis XIV suivit , à regard du clergé français , la même poIUique qu'envers la noblesse. Tout en le respectant et eu Thonorant, il eut soin de ne lui laisser aucune influence politique. 11 savait, c'est lui-même qui parle (Aie' moires, t. II, p. I2t ) «c que les gens d'Église sont sujets à se flaiter un peu trop des avantages de leur éiai, et qu'ils semblent queiquet'ois s'en vouloir servir pour affkibiir leurs devoirs les plus légitimes. » Pendant tout son règne, il ue nomma aux évèchcs , en vertu du Conc<»rdai, que des hommes dévoués à son gouvernement. et d'ailleurs plus recommundables par leur savoir et leurs vertus que par l'illustration de leur naissance : les grands soi» gneurs,à peu d'exceptions près, furent écartés de TEgli-^e, comme ils relaient du ministère et de Tadministration. Aussi Saint-Simon lui reprocbc-t-il (chap. CDXv) «I d'avoir perdu l'épiscopat en France, en le remplissant dd cuistresde séminaires et de leujs élèves, sans science, sans naissance, dont l'obscurité et la grossièreté faisaient tout le mérite. » Il est permis de ne pas être de l'avis de Saiut^Siraon, ici comme aiUeurs. Toutes ces raisons expliqaeui comment l40Uis XIV fut maître du clergé et de l'Église gallicane pi lâ ftbsolumcJ "• u'awcun auirc de ses pri'déceiiscurs.

464 aur. xxxf . AFFÀiti di lâ lÉfULE.

I plos barbare dn eonrariaiieiit Ifiodal, absohmiéBl i»ooBoiie pendant les guennes dviks et dans les agîlations da règne de Loois XIII, el sorUml pendant la Fronde, à quelques «KoqOions près qu'il laut toqoors faire dans les mes oomme dans les vertus qui dominenL

Ce fut alors seulement que Ton commenea a dessiller les veux dn monde sur les supeistitions qu^il mêle toujours à sa religion, li fut permis , malgré le parlement d'Aix et malgré les carmes, de savoir que Lazare el Madeleine n'étaient point venus en Provence. Les bénédictins ne purent fiure croire que Ooiis l'Âréopagite eût gouverné TÊglîse de Paris. Les saints supposés, les faux miracles, les fausses reliques eonunenoàren: i toe décriés '. La saine raison qui édairait les philosophes pénétrait partout, mais lentement et avec difficulté.

L'évèque de Chàlons-sur-Mame, Gasion-Loois de Nuailles , frère du cardinal, eut une piété assez éclairée pour enlever en 1702 et faire jeter une relique conservée précieusement depuis plusieurs siècles dans l'é^tise Tie Notre-Dame , et adorée sous le nom do nombril de Jésus-Christ. Tout Chilons murmura contre l'évèque. Présidents, conseillers, gens du roi, trésoriers de France, marchands, notables, chanoines, curés, protestèrent unanimement par un acte juridique contre l'entreprise de l'évèque, réclamant le saint nombril, et alléguant la robe de Jésus-Christ conservée à Ârgeateuil , son mouchoir k Turin et à Laon,un des clous de la croix à Saint-Denis, et tant d'autres reliques que l'on conserve et que Ton méprise, et qai font tant de tort à une religion qu'on révère. Mais la sage fermeté de révéque l'emporta à la fin sur la crédulité du peuple.

Quelques autres superstitions, attachées à des usages respectables, ont subsisté. Les protestants en ont triomphé : mais ik sont obligés de convenir qu'il n'y a pas d'Église catholique où ces abus soient moinscommuns et plus méprisés qu'en France.

L'esprit vraiment philosophique, qui n'a pris racine qui

vers le milieu de ce siècle, n'éteignit point les anciennes «

nouvelles querelles théologiques qui n'étaient pas de son re»

sort. On va parler de ces dissensions qui font la honte de la

raison humaine.

1. » Lacsot Jean de), né en Kormandie en 160S, doclenr en Uiéologie, sa* vaci Laborieux et critiqae inirépide. U detnwipa de plusieurs crreiin, et snfumt de Texii^ence de piosieurs sainu. On sait qa'iin curé de Sûni-Kastat tie disait : « Je lui lais toujours de profondes réréreBces, de peur qu'il ne « ia'6ie non saint Enstacbe. » Mort en 1678. >Croliaiie. LitU^éeritam français, j

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Du calvinisme du temps de Louis XIV.

II est affreux sans doute que TÉglise chrétienne ait toujour ôté déchirée par ses querelles, et que le sang ait coulé pendan tant de siècles par des mains qui portaient le Dieu de la paix Cette fureur fut inconnue au paganisme. Il couvrit la terre do ténèbres» mais il ne Tarrosa guère que du sang des animaux; et si quelquefois, chez les Juifs et^chez les païens, on dévoua des victimes humaines, ces dévouements, tout horribles qu*ils étaient, ne causèrent point de guerres civiles. La religion des païens ne consistait que dans la morale et dans les fôtes. La morale, qui est commune aux hommes de tous les temps et de tous les lieux, et les fêtes, qui n'étaient que des réjouissances, ne pouvaient troubler le genre humain.

L*esprit dogmatique apporta chez les hommes la fureur des guerres de religion. J'ai recherché longtemps comment etpourquoi cet esprit dogmatique, qui divisa les écoles deTantiquité païenne sans causer le moindre trouble, en a produit parmi nous de si horribles. Ce n'est pas le seul fanatisme qui en eôt cause ; car les gymnosophistes et les bramines , les plus fanatiques des hommes , ne firent jamais de mal qu'à eux-mêmes. Ne pourrait-on pas trouver l'origine de cette nouvelle peste qui a ravagé la terre dans ce combat naturel de l'esprit républicain qui anima les premières Églises contre l'autorité qui liait la résistance en tout genre? Les assemblées secrètes, qui bravaient d'abord dans des caves et dans des grottes les lois de quelques empereurs romains, formèrent peu à peu un État (ians l'État : c'était une république cachée au milieu de l'empire. Constantin la tira de dessous terre pour la mettre à côté du trône. Bientôt l'autorité attachée aux grands sièges se trouva en opposition avec l'esprit populaire qui avait inspiré jusqu'alors toutes les assemblées des chrétiens. Souvent, dès que l'évêque d'une métropole faisait valoir un sentiment, un évêque suffragant, un prêtre, un diacre, en avaient un contraire. Toute autorité blesse en secret les hommes, d'autani plus que toute autorité veut toujours s'accroître. Lorsqu'on trouve pour lui résister un prétexte au'on croit sacré, on se

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fait bientôt un devoir do la révolte. Ainsi les un» deTÎennent persécuteurs, les autres rebelles, en attestant Dieu desdeax côtés.

Nous avons vu combien, depuis les disputes du prêtre Arius contre un évêque, la fureur de dominer sur les âmes a troublé la lerre.^onner son sentiment pour la volonté de Dieu, commander de croire sous peine de la mort du corps et des tourments éternels de Tâmo, a été le dernier période du despotisme de l'esprit dans quelques hommes; et résister à ces deux menaces a été dans d'autres le dernier effort de la liberté naturelle. Cet Essai sur les MœurSy que vous avez parcouru, vous a fait voir depuis Théodose une lutte perpétuelle entre la juridiction séculière et l'ecclésiastique ; et depuis Charlemagne les efforts réitérés des grands fiefs contrôles souverains, les évéques élevés souvent contre les rois, les papes aux prises avec les rois* et les évoques.

On disputait peu dans l'Église latine aux premiers siècles. Les invasions continuelles des barbares permettaient à peine de penser, et il y avait peu de dogmes qu'on eût assez développés pour fixer la croyance universelle. Presque tout l'Occident rejeta le culte des images au siècle de Charlemagne. Un évêque de Turin, nommé Claude, les proscrivit avec chaleur, et retint plusieurs dogmes qui font encore aujourd'hui le fondement do la religion des protestants. Ces opinions se perpétuèrent dans les vallées du Piémont, du Dauphiné, de la Provence, du Languedoc; elles éclatèrent au xir siècle; elles produisirent bientôt après la guerre des albigeois; et ayant passé ensuite dans l'université de Prague, elles excitèrent la guerre des Hussites. Il n'y eut qu'environ cent ans d'intervalle entre la fin des troubles qui naquirent de la cendre de Jean Huss et de Jérôme de Prague, et ceux que la vente des indulgences fit renaître. Les anciens dogmes embrassés par lesvaudois, les albigeois, les hussites, renouvelés et différemment expliqués par Luther et Zwingle, furent reçus avec avidité dans l'Allemagne comme un prétexte pour s'emparer de tant de terres dont les évéques et les abbés s'étaient mis en possession, et pour résister aux empereurs, qui alors marchaient à grands pas au pouvoir despotique. Ces dogmes triomphèrent en Suède et en Danemark, pays où les peuples étaient libres sous des rois.

Los Anglais, dans qui la nature a mis l'esprit d'indépen-

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