‹ Siècle de Louis XIV (volume 2)Chapitre 2 sur 168 · liOitre au ntarquis d'Argcnsun . 8 JMiiYier · texte numérisé non relu

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une leçon pour lui ; et, quand l'ouvrage fut entièrement achevé, il le fit paraître à Berlin où il s'était retiré. « Un mot hardi , disait-il quelques mois auparavant à sa nièce M"« Denis *, eût paru une licence effrénée ; on aurait interprété les choses les plus innocentes avec cette charité qui empoisonne tout.... Ma chère enfant, pour écrire riiistoire de son pays , il faut être hors de son pays. «

On place ordinairement en 1752 l'époque de cette première publication. 11 semblerait, par la correspondance de Fauteur, qu'il faut Tavancer d'une année. Le 20 février 1751, il annonce à sa nièce « qu'il s'amuse, pendant les intervalles de sa maladie, hûnirle Siècle de Louis XJV; » et huit mois plus tard (7 octobre 1751), il parle au marquis de Thibouville de l'édition de Berlin, «« trop incomplète et trop fautive , sur laquelle malheureusement on en a fait tant d'autres. »

L'ouvrage en etfet avait eu un succès prodigieux ; et il obtint bien vite un honneur auquel Voltaire était habitué, celui des contrefaçons étrangères : des libraires allemands et hollandais s'emparèrent du Siècle de Louis XI V, l'imprimèrent sans même consulter l'auteur, et l'on compta huit éditions en moins de dix mois. Le plus célèbre de « ces pirates* »» fut un Français réfugié en Allemagne, un certain La Beaiimelle, qui serait aujourd'hui inconnu, si Voltaire ne l'avait immortalisé par ses critiques piquantes et souvent cruelles. C'était un de ces hommes de lettres, si nombreux alors, qui n'avaient pas de patrie, et qui allaient chercher fortune auprès des princes et des souverains de l'Europe. Il était venu à Berlin « pour voir trois grands hommes : le roi, M. de Voltaire, et Maupertuis. » Il y arriva, précédé d'un petit ouvrage. Mes Pensées ou le Qu'en dira-t-on ? dans lequel il ne ménageait cependant ni Frédéric, ni les philosophes qu'il avait attirés en Prusse pour en faire ses amis et ses courtisans. U

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